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LE MENTEUR.
LUCRÈCE, à Clarice.
Vu ce que nous savons, elle est un peu grossière.
CLA1UCE, à -Lucrèce.
C’est ainsi qu’il partage entre nous son amour ;
Il te flatte de nuit, et m’en conte de jour,
DORANTE , à Clarice.
Vous consultez ensemble ! Ah.' quoi qu’elle vous die,Sur de meilleurs conseils disposez de ma vie ;
Le sien auprès de vous me seroit trop fatal ;
Elle a quelque sujet de me vouloir du mal.
LUCRÈCE, en elle-même.
Ah! je n’en ai que trop, et si je ne me venge...
CLARICE, à Dorante.
Ce qu’elle me disoit est de vrai fort étrange.
DORANTE.
C’est quelque invention de son esprit jaloux.
CLARICE.
.le le crois : mais enfin me reconnoissez-vous?
DORANTE.
Si je vous reconnois! quittezces railleries,
Vous que j’entretins hier dedans les Tuileries,
Que je fis aussitôt maîtresse de mon sort?
CLARICE.
Si je veux toutefois en croire son rapport,
Pour une autre déjà votre ame inquiétée...
DORANTE.
Pour une autre déjà je vous aurois quittée?
Que plutôt à vos pieds mon cœur sacrifié...
CLARICE.
Bien plus, si je la crois, vous êtes marié.
DORANTE.
Vous me jouez, madame ; et, sans doute pour rire,Vous prenez du plaisir à m’entendre redireQu’à dessein de mourir en des liens si douxJe me fais marié pour toute autre que vous.
CLARICE.
Mais avant qu’avec moi le nœud d’hymen vous lie,Vous serez marié, si Ton veut, en Turquie.
DORANTE.
Avant qu’avec toute autre on me puisse engager,