ACTE I, SCÈNE III. m
Et tâchez d’abaisser ses yeux sur un sujetQui peut-être aujourd’hui porteroit la couronne,
S’il n’attachoit les siens à sa seule personne,
Et ne la préféroit à cet illustre rang
Pour qui les plus grands cœurs prodiguent tout leur sang.
( Timagène rentre sur le théâtre. )
TIMAGENE.
Seigneur, le prince vient; et votre amour lui-mêmeLui peut sans interprète offrir le diadème *.
ANTIOCHUS.
Ah! je tremble; et la peur d'un trop juste refusRend ma langue muette et mon esprit confus 2.
SCENE III.
SELEUCUS, ANTIOCHUS, TIMAGÈNE, LAONICE.
SÉLEUCUS.
Vous puis-je en confiance expliquer ma pensée 8 ?
ANTIOCHUS.
Parlez, notre amitié par ce doute est blessée.
SÉLEUCUS.
Hélas! c’est le malheur que je crains aujourd’hui.
L’égalité, mon frère, en est le ferme appui ;
C’en est le fondement, la liaison, le gage;
Et, voyant d’un côté tomber tout l’avantage,
pièce n’est pas jusqu’à présent au-dessus de la haute comédie, et esttrop vicieux. ( V.)
1 Quel prince 1 le spectateur peut-il savoir si c’est Séleucus ou An-tiochus! La réponse de Timagène ne semble-t-elle pas \m reproche! etsi ce Timagène était un homme de cœur, son discours sec ne paraîtrait-il pas signifier, Chargez-vous vous-même d’une proposition si humi-liante; dites vous-même à votre frire que vous renoncez au droit derégner ? (Y.)
2 Antiochus, qui tremble que son frère n’accepte pas l’empire, a-t-ildes sentiments bien élevés! ne devrait-il pas préparer les spectateursà cette aversion qu’il a montrée pour régner! J’ai vu de bons critique*penser ainsi : je soumets au public leur jugement et mes doutes, (V.)
S On ne sait point encore que c’est Séleucus qui parle. Il était aiséde remédier à ce petit défaut. ;Y.)