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ACTE II, SCÈNE IV.
Kieri ne vous sert ici de taire les surpris 1 :
Je vous le dis encor, le trône est à ce prix ;
Je puis en disposer comme de ma conquête ;
Point d’aîné, point de roi, qu’en m’apportant sa tête;Et puisque mon seul choix vous y peut élever 2 ,
Pour jouir de mon crime il le faut achever 3 .
SCÈNE IV.
SÉLEUGUS, ANTIOCHUS.
SELEUCUS.
Est-il une constance à l’épreuve du foudreDont ce cruel arrêt met notre espoir en poudre 4 ?
l Expression trop triviale, surtout dans une circonstance si tragi-que. (V.)
- Cet y se rapporte à trône , qui est quatre vers auparavant : les pro-noms les adverbes doivent toujours être près des noms qu’ils désignent ;c’est une règle à laquelle il n’y a point d’exception. ( V.)
Ce vers est très beau. Mais comment une reine habile peut-elle avouerson crimeà ses enfants, etles presser d’en commettre un autre? |V.)
4 Voilà donc encore un foudre dont uu arrêt met un espoir enpoudre ; et Antiochus répond par écho à cette figure incohérente : nou-velle preuve du peu de soin qu’on prenait alors de châtier son style.Despréaux est le premier qui ait appris comment on doit toujoursparler envers. La douleur respectueuse d’ Antiochus est aussi contraireà l’histoire qu’à la politique ordinaire des princes. Plusieurs ont faitenfermer leurs mères pour de bien moindres crimes. Cléopâtre vientd’avouer à ses enfants qu’elle a assassiné leur père; elle veut lesforcer à assassiner leur maîtresse; elle doit être à leurs yeux infini-ment plus coupable que Clytemnestre ne le fut pour Oreste. Est-ce làle cas de dire, j’aime ma mère 1 . Mais ce sentiment d’amour respec-tueux pour une mère est si profondément gravé dans tous les cœursbien faits, que tous les spectateurs pensent comme Antiochus. Telleest la magie de la poésie; le poete tient les cœurs dans sa main ; ilpeut, s'il veut, peindre Antiochus comme un Oreste, et alors le publics’intéressera à sa vengeance : il peut le peindre comme un prince sé-vère et juste, qui, pour le bien de son État, veut ôter le gouvernementà une femme homicide, le fléau de ses sujets ; alors les spectateurs ap-plaudiront à sa justice : il peut le peindre soumis, respectueux, attachéà sa mère autant qu’indigné ; et alors le public partage les mêmes sei>rtijpcnts. Cette dernière situation est la seule convenable à la construcr-