ACTE IV, SCENE III.
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SCÈNE III 1 .
CLÉOPÂTRE, ANTIOCHUS, LAONTCE.
CLÉOPÂTRE.
Eh bien! Antiochus, vous dois-je la couronnes?
ANTIOCHUS.
Madame, vous savez si le ciel me la donne.
CLÉOPÂTRE.
Vous savez mieux que moi si vous la méritez.
ANTIOCHUS.
Je sais que je péris si vous ne m’écoutez.
CLÉOPÂTRE.
Un peu trop lent peut-être à servir ma colère,
Vous vous êtes laissé prévenir par.un frère;
TL a su me venger quand vous délibériez 3 ,
Et je dois à son bras ce que vous espériez v .
si bien, et Antiochus et Rodogune si mal? C’est que l’amour de Chi-mène est véritablement tragique, et que celui de Rodogune et d’ An-tiochus ne l’est point du tout ; c’est un amour froid dans un sujet ter-*rible. (V.)
1 Je ne sais si je me trompe, mais cette scène ne me paraît pas plu^naturelle ni mieux faite que les précédentes. Il me semble que Cléo-pâtre, après avoir dit à ses deux fils qu’elle couronnera celui qui auraassassiné sa maîtresse, ne doit point parler familièrement à Antiochus»
(V.)
- C’est-à-dire voulez-vous tuer Rodogune? cela ne peut s’entendreautrement; cela même signifie avez-vous tué Rodogune? car elle «n’apromis la couronne qu’à l’assassin. (V.)
3 On ne peut imaginer que Cléopâtre veuille dire ici autre chose,sinon Séleucus vient de tuer sa maîtresse et la vôtre. A ce mot seul,Antiochus ne doit-il pas entrer en fureur?
* Ce vers confirme encore la mort de Rodogune ; il n’en est rien, à lavérité, mais Cléopâtre le dit positivement. Comment Antiochus n’est-ilpas saisi du plus affreux désespoir à cette nouvelle épouvantable? com-ment peut-il raisonner de sang-froid avec sa mère, comme si elle nelui avait rien dit? Rien de tout cela n’est vraisemblable ; il ne l’est pasque Cléopâtre veuille faire accroire que Rodogune est morte; il nel’est pas qu’Antiochus soutienne cette conversation : s'il croit Cléo-