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RODOGUNE.
CLÉOPÂTRE.
Quoi! vous me soupçonnez?
RODOGUNE.
Quoi! Je vous suis suspecte?
ANTIOCHUS.
Je suis amant et fils, je vous aime et respecte;
Mais quoi que sur mon cœur puissent des noms si doux,A ces marques enfin je ne connois que vous.
As-tu bien entendu? dis-tu vrai, Timagène?
TIMAGÈNE.
Avant qu’en soupçonner la princesse ou la reine,
Je mourrois mille fois; mais enfin mon récitContient, sans rien de plus, ce que le prince a dit.
ANTIOCHUS.
D’un et d’autre côté l’action est si noire,
Que n’en pouvant douter, je n’ose encor la croire.
O quiconque des deux avez versé son sang,
Ne vous préparez plus à me percer le flanc.
Nous avons mal servi vos haines mutuelles,
Aux jours l’une de l’autre également cruelles 1 ;
Mais si j’ai refusé ce détestable emploi,
Je veux bien vous servir toutes deux contre moi :
Qui que vous soyez donc, recevez une vieQue déjà vos fureurs m’ont à demi ravie.
RODOGUNE.
Ah! seigneur, arrêtez.
TIMAGÈNE.
Seigneur, que faites-vous?
ANTIOCHUS.
Je sers ou l’une ou l’autre, et je préviens ses coups.
CLÉOPÂTRE.
Vivez, régnez heureux.
ANTIOCHUS.
Otcz-moi donc de doute,
Et montrez-moi la main qu’il faut que je redoute,
critiques éclairés qui jugent dans le cabinet ; c’est même le seul moyende conserver une réputation pare dans la postérité. (V.)
l Des haines cruelles aux jours Vune de Vautre; cela n'est pasfrançais. IV.)