HER4CLIUS.
ACTE PREMIER.
SCÈNE I.
PHOCAS, CRISPE.
PHOCAS.
Crispe, il n’est que trop vrai, la plus belle couronneN’a que de faux' brillants dont l’éclat l’environne 1 ;
Et celui dont le ciel pour un sceptre fait choix,
Jusqu’à ce qu’il le porte, en ignore le poids 2 .
Mille et mille douceurs y semblent attachées,
Qui ne sont qu’un amas d’amertumes cachées;
1 On trouve souvent dans Corneille de ces maximes vagues et deces lieux communs, où le poète se met à la place du personnage. S’il ya dans Racine quelque passage qui ressemble au début de Phocas,c’est celui d’Agamemnon dans Iphigénie :
Heureux qui, satisfait de son humble fortune,
Libre du joug superbe où je suis attache,
Vit dans l’état obscur où les dieux l’ont caché!
Mais que cette réflexion est pleine de sentiment ! qu’elle est belle îqu’elle est éloignée de la déclamation! Au contraire, les premiers versde Phocas paraissent une amplification ; les vers en sont négligés. Cesont les faux brillants qui environnent une couronne; c’est celui dontla ciel a fait choix pour un sceptre, et qui en ignore le poids; ce sontmille et mille douceurs qui sont un amas d’amertumes cachées. J’ajou-terai encore que cette déclamation conviendrait peut-être mieux à unbon roi qu’à un tyran et à un meurtrier qui règne depuis longtemps,,et qui doit être très accoutumé aux dangers d’une grandeur acquisepar les crimes, et à ces amertumes cachées sous mille douceurs. \V.)
2 Jusqu’à ce qu'il le porte : on doit autant qu’on le peut éviter cescacophonies ; elles sont si désagréables à l’oreille, qu’on doit même yavoir une grande attention dans la prose. Que sera-ce donc dans lapoésie 1 tout y doit être coulant et harmonieux. ^V.}