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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE I, SCÈNE III.

Tu parles d’ajouter un véritable gendre!

HÉRACLIUS.

Seigneur, j’ai des amis chez qui cette moitié «...

• PHOCAS.

A l’épreuve d’un sceptre il n’est point d’amitié,

Point qui ne s’éblouisse à l’éclat de sa pompe,

Point qu’après son hymen sa haine ne corrompes.

Elle mourra, te dis-je.

PTJLCHÉRIE.

Ah ! ne m’empêchez pasl)e rejoindre les miens par un heureux trépas.

La vapeur de mon sang ira grossir la foudreQue Dieu tient déjà prête à le réduire en poudre 3;

Et ma mort, en servant de comble à tant d’horreurs...

PHOCAS.

Par ses remerciements juge de ses fureurs.

J’ai prononcé l’arrêt, il faut que l’etfet suive.

Résous-Ia de t’aimer, si tu veux qu’elle vive''!

1 L’usage a permis qu’en quelques occasions on puisse appeler safemme sa moitié.

Mânes du grand Pompée, écoutez sa moitié.

Ce mot fait là un effet admirable ; c’est la moitié du grand Pompéequi parle : mais il est ridicule de dire d’une fille à marier, cette moitié.

V.

2 Ces trois point font un mauvais effet dans la poésie; et pointqu’après est encore plus dur et plus mal construit; et point qui nes’éblouisse à l’éclat de la pompe d’un sceptre est du galimatias. Cen’estpointécrirecomme l’auteur des beaux vers répandus dans Cinna ;c’est écrire comme Chapelain. (Y.)

3 Cette figure n’est-elle pas un peu outrée et recherchée! Ce qui esthors de la nature ne peut guère toucher. On reproche à notre sièclede courir après l’esprit, d’affecter des pensés ingénieuses ; c’était bienplutôt le goût du temps de Corneille que du nôtre. Racine et Boileaucorrigèrent la France, qui depuis est retombée quelquefois dans cedéfaut séduisant. La vapeur d’un peu de sang ne peut guère servir àformer le tonnerre. Une fille va-t-elle chercher de pareilles figures derhétorique! (Y.)

4 Je crois qu’on pourrait dire en vers, résoudre de , aussi bien querésoudre à, quoique ce soit un solécisme en prose ; mais il est essentielde remarquer qu’il est bien étrange qu’un monarque dise à son fils :Résous cette princesse à t’aimer , ou je la ferai mourir. Il n’y a aucun