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HÉRACLIUS.
MARTIAN.
Pour otage en ses mains ce tigre a votre vie ;
Et je n’oserai rien qu'avec un juste effroi(ju’il ne venge sur vous ce qu’il craindra de moi'.
PULCHÉIUE.
N’importe; à tout oser le péril doit contraindre.
Il ne faut craindre rien quand on a tout à craindre 2 .
Allons examiner pour ce coup généreux
I.es moyens les plus prompts et les moins dangereux 8 .
1 On ne venge point ce qu’on craint, on le prévient, on l’écarte, onJe détourne, on s’y oppose : point de bons vers sans le mot propre; ilfaut l’exactitude de la prose avec la beauté des images, l’harmonie dessyllabes, la hardiesse des tours, et l’énergie de l’expression, c’est cequ’on trouve dans plusieurs morceaux de Corneille. (V.)
2 Cette sentence paraît quelque chose de contradictoire ; elle estcependant au fond d’une très grande vérité; elle signifie qu’il faut touthasarder, quand tous les partis sont également dangereux. Il eût fallu,je crois, éviter le jeu de mots et l’antithèse, qui reviennent trop sou-vent. (Y.)
3 Pulchérie va donc conspirer de son côté. On a donc lieu d'êtresurpris qu’elle ne soit pas dans le secret, puisque la fille de Mauricedoit avoir du pouvoir sur le peuple, et mettre un grand poids dars labalance ; mais il faut se livrer à l’intrigue et aux ressorts que l’auteura choisis. V.
FIN DU PREMIER ACTE.