ACTE II, SCÈNE Ilf. m
Mais si je me dérobe au rang qui vous est dût,
Ce sera pour moi seul que vous l’aurez perdu;
Seul je vous ôterai ce que je vous dois rendre.
Disposez des moyens et du temps de le prendre s .
Quand vous voudrez régner, faites-m’en possesseur 3 4 :
Mais, comme enfin j’ai lieu de craindre pour ma sœur,Tirez-la dans ce jour de ce péril extrême,
Ou demain je ne prends conseil que de moi-même.
LÉONTINE.
Reposez-vous sur moi, seigneur, de tout son sort,
Et n’en appréhendez ni l’hymen ni la mort i * .
SCÈNE III.
LÉONTINE, EUDOXE , en Page.
LÉONTINE.
Ce n’est plus avec vous qu’il faut que je déguise;
A ne vous rien cacher son amour m’autorise :
Vous saurez les desseins de tout ce que j’ai fait 5 ,
Et pourrez me servir à presser leur effet.
Notre vrai Marlian adore la princesse :
i Voltaire, peu soigneux dans le choix des éditions qui ont servi debase à son commentaire, a lu ainsi ce vers :
Mais si je me dérobe au sang qui vous est dù,
et l’a accompagné de cette note injurieuse : « Que veut dire ce vers ob-«< souri est-ce son sangl est-ce celui de Phocasî comment aura-t-elleperdu ce sangî Quelles expressions louches, fausses, inintelligibles !« Il semble que Corneille ait, après ses succès, méprisé assez le pu-■.< blic pour ne jamais soigner son style, et pour croire que la postérité.< lui passerait ses fautes innombrables. »
â II lui parle de prendre ce qu’il lui doit rendre. (V.)
3 Faites-moi possesseur de ce que je dois vous rendre, quand vouspourrez le prendre. Tout cela est bien loin de la noblesse et de l’élé-gance que le style tragique demande. (Y.)
4 N’appréhendez ni Vhymen ni la mort de tout son sort : on nepeut écrire plus barbarement. (Y.)
3 Cela n’est pas français, il faut les raisons , ou apprenez mes des-seins et tout ce que j’ai fait. (Y.)