ACTE II, SCÈNE VII.
Peut-être il m’est honteux de reprendre l’État 1 2Par l’infame succès d’im lâche assassinat;
Peut-être il vaudroit mieux en tête d’une arméeFaire parler pour moi toute ma renommée ’,
Et trouver à l’empire un chemin glorieuxPour venger mes parents d'un bras victorieux 3 * * * * 8 .C’est dont je vais résoudre avec celte princesse,Pour qui non plus l’amour, mais le sang m’intéresseYous, avec votre Eudoxe...
LÉONTINE.
Ah, seigneur ! écoutez.
MARTI AN.
J’ai besoin de conseils dans ces difficultés;
Mais, à parler sans fard, pour écouter les vôtres,Outre mes intérêts vous en avez trop d’autres.
Je ne soupçonne point vos vœux ni votre foi ;
Mais je ne veux d’avis que d’un cœur tout à moi.Adieu 3 .
SCÈNE VII.
LÉONTINE, EUDOXE.
LÉONTINE.
Tout me confond, tout me devient contraire.
Je ne fais rien du tout, quand je pense tout faire ;
Kl lorsque le hasard me flatte avec excès,
1 On reprend la couronne, l’empire, mais non pas l’Etat; et l’tsswcbonne est trop prosaïque. (Y.)
2 "Voyez comme ce mot fouie gâte le vers, parcequ’il est superflu.
(V.)
3 II semble, par la phrase, que c’est d’un bras ennemi victorieux du
bras de Phocas, qu’il vengera ses parents ; et l’auteur entend que le bras
victorieux de Martian, cru Héraclius, les vengera. (Y.)
* Cela n’est pas français; et d’ailleurs les grands mouvements, né-
cessaires au théâtre, manquent à cette scène. (Y.)
8 Martian n’a joué dans cette scène qu’un rôle froid et avilissant.Léontine se moque de lui. Il n’agit point, il ne fait rien, il n’aime point,il n’a aucun dessein, aucun mouvement tragique; il n’est là que pour-être trompé. (Y.)