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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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Mais quand?

ACTE III, SCÈNE II.

285

MARTIAN.

C’est un secret que je n’ai pas su d’elle.

PHOCAS.

Vous pouvez m’en dire un dont je suis plus jaloux,

On dit qu’Héraclius est fort connu de vous :

Si vous aimez mon fils, faites-le-moi eonnoître.

MARTIAN.

Vous le connoissez trop, puisque je vois ce traître >.

EXl'PÈBE.

Je sers mon empereur, et je sais mon devoir.

MARTIAN.

Chacun te l’avouera; tu le fais assez voir.

PHOCAS.

De grâce, éclaicissez ce que je vous propose.

Ce billet à demi m’en dit bien quelque chose;

Mais, Léonce, c’est peu si vous ne l’achevez.

MAIITIAN.

Nommez-moi par mon nom, puisque vous le savez ;Dites Héraclius ; il n’est plus de Léonce ;

Et j’entends mon arrêt sans qu’on me le prononce.

PHOCAS.

Tu peux bien t’y résoudre après ton vain effortPour m’arracher le sceptre et conspirer ma mort.

MARTIAN.

J’ai fait ce que j’ai dû. Vivre sous ta puissance,

C’eût été démentir mon nom et ma naissance,

Et ne point écouter le sang de mes parents,

Qui ne crie en mon cœur que la mort des tyrans.Quiconque pour l’empire eut la gloire de naîtreRenonce à cet honneur s’il peut souffrir un maître :Hors le trône ou la mort, il doit tout dédaigner;

C’est un lâche, s’il n’ose ou se perdre ou régner.J’entends donc mon arrêt sans qu’on me le prononce.

r On pourrait dire que Martian se hâte trop d’accuser Exupère. Tlpeut, ce semble, penser qu’Exupère, qui est de son côté à la tête dela conspiration, trompe toujours le tyran, autant que soupçonnerqu’Exupère trahit son propre parti ; dans ce doute, pourquoi accuse-t-il Exupère! (V.)