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HÉRACLIUS.
De régner en ma place, ou de périr pour moi :
Madame, est-ce en effet me rendre un grand service?
EUDOXE.
Eût-elle démenti ce billet de Maurice?
Et l’eûl-elle pu faire, à moins que révélerCe que surtout alors il lui falloit celer?
Quand Martian par là n’eût pas connu son père,
C’étoit vous hasarder sur la foi d’Exupère :
Elle en doutoit, seigneur; et, par l’événement,
Vous voyez que son zèle en doutoit justement.
Sûre en soi des moyens de vous rendre l’empire 1 2 ,
Qu’à vous-même jamais elle n’a voulu dire*,
Elle a sur Martian tourné le coup fatalDe l’épreuve d’un cœur qu’elle eonnoissoit mal 3 .
Seigneur, où seriez-vous sans ce nouveau service ?
HEBACLIUS.
Qu’importe qui des deux on destine au supplice?Qu’importe, Martian, vu ce que je te doi,
Qui trahisse mon sort, d’Exupère ou de moi !
Si l’on ne me découvre, il faut que je m’expose;
Et l’un et l’autre enfin ne sont que même chose,
Sinon qu’étant trahi je mourrois malheureux,
Et que, m’offrant pour toi, je mourrai généreux 4 .
EUDOXE.
Quoi! pour désabuser une aveugle furie,
1 On ne dit point sûr en soi. Mais comment Léontine est-elle sisûre du succès? elle a toujours parlé comme une femme qui veut toutfaire et qui ne doute de rien ; mais elle n’a point agi, elle n’a fait au-cune démarche pour s’éclaircir avec Exupère; il était pourtant biennaturel qu’elle s’informât de tout, et encore plus naturel qu’Exupère lamît au fait. Il semble qu’Exupère et Léontine aient songé à rendrel’énigme difficile, plutôt qu’à servir véritablement. (V.)
2 Par la construction, elle n’a pas voulu dire l’empire; elle veutparler des moyens. Il faut soigneusement éviter ces phrases louches,ces amphibologies de construction. (Y.)
3 Tourner le coup de l’épreuve d’un cœur n’est pas intelligible ; ettout ce raisonnement d’Eudoxe est un peu obscur. (Y.)
4 Ici, tous les sentiments sont en raisonnement, et exprimés d’unton didactique, dans un style qui est celui de la prose négligée. Nesont que même chose % sinon , n’est pas français. (Y.)