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ACTE IV, SCÈNE III.
Que deux fois Léontine osa tromper ton père;
Et semant de nos noms un insensible abus *,
Fit un faux Martian du jeune Héraclius.
PHOCAS.
Maurice te dément, lâche ! tu n’as qu’à lire :
« Sous le nom de Léonce Héraclius respire. »
Tu fais après cela des contes superflus 8 .
HÉRACLIUS.
Si ce billet fut vrai, seigneur, il ne t’est plus®.
J’étois Léonce alors, et j’ai cessé de l’êtreQuand Maurice immolé n’en a pu rien connoître.
S’il laissa par écrit ce qu’il avoit pu voir,
Ce qui suivit sa mort fut hors de son pouvoir.
Vous portâtes soudain la guerre dans la Perse,
Où vous eûtes trois ans la fortune diverse :
Cependant Léontine, étant dans le châteauReine de nos deslins et de notre berceau '%
Pour me rendre le rang qu’oceupoit votre race 9 ,
Prit Martian pour elle, et me mit en sa place.
Ce zèle en ma faveur lui succéda si bien,
1 Semer un abus des noms ne peut se dire. Ces expressions, aussiobscures que forcées, se rencontrent souvent; mais la situation em-pêche qu’on ne remarque ces petites fautes au théâtre. Tous les espritssont en suspens. Qui des deux est Héraclius 1 Qui des deux va périr îRien n’est plus intéressant ni plus terrible.
2 Quoique les expressions les plus simples deviennent quelquefoisies plus tragiques par la place où elles sont, ce n’est pas en cet en-droit ; c’est quand elles expriment un grand sentiment. Des contes estignoble. (V.)
3 C’est encore une énigme, ou plutôt un procès par écrit. Il faut auquatrième acte essuyer encore une avant-scène, informer le spectateurde tout ce qui s’est passé autrefois ; mais cette explication même jettetant de trouble dans l’ame de Phocas, et rend le sort de Martian sidouteux, qu’elle devient un coup de théâtre pour les esprits extrême-ment attentifs. (V.)
* On n’est point reine d’un destin, encore moins d’un berceau. (V.|— Par la contexture de la pièce, Léontine, depuis l’instant de leurnaissance, est en effet souveraine maîtresse de leur sort ; et c’est ceque le mot reine nous paroît exprimer très poétiquement. ( P.)
5 On ne peut se servir de race pour signifier fils. On désirerait dajistoute cette tirade un style plus tragique et plus noble, (Y,