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ACTE V, SCÈNE V.
PÜLCHKRIE.
Feindre et nous abaisser à cette lâcheté!
HÉRACLIUS.
Pour tromper un tyran c’est générosité,
Et c’est mettre, en faveur d’un frère qu’il vous donne,
Deux ennemis secrets auprès de sa personne,
Qui, dans leur juste haine animés et constants,
Sur l’ennemi commun sauront prendre leur temps,
Et terminer bientôt la feinte avec sa vie.
PULCHERIE.
Pour conserver vos jours et fuir mon infamie,
Fe'gnons, vous le vouiez et j’y résiste en vain.
Sus donc, qui de vous deux me prêtera la main 1 ?
Qui veut feindre avec moi? qui sera mon complice?
HÉRÀCLIUS.
Vous, prince, à qui le ciel inspire i’artilice.
MARTIAN.
Vous, que veut le tyran pour lils obstinément.
HERACLIUS.
Vous, qui depuis quatre ans la servez en amant.
n’est pas correcte. Puichérie demande conseil ; Martian lui conseilled’épouser Héracli us sans user des droits du mariage : il faut convenirque c’est là un très petit artifice, et indigne de la tragédie. Ces conver-sations dans un cinquième acte, lorsqu’on doit agir, sont presque tou-jours très languissantes. Je ne sais s’il n’y a pas, dans la pièce extra-vagante et monstrueuse de Caldéron, un plus grand fond de tragique,quand le fils de Pîiocas veut tuer son père. C'était même pour un par-ricide que Léontine l’avait réservé; elle s’en explique dès le secondacte; on s’attend à cette catastrophe. Le fils de Phocas, près de tuercet empereur, et Héraclins voulant le sauver, pouvaient former unbeau coup de théâtre ; cependant il n'arrive rien de ce que Léontine aprojeté, et Martian ne fait autre chose, dans tout le cours de la pièce,que dire : Qui suis-je 1 (V.)
l Sus donc. On se servait autrefois de ce mot dans le discours fami-lier; il veut dire, vite, allons , courage, dépêchez-vous :
Sus, sus, du vin partout, versez, garçon, versez.
Pourceaugnac.
Mais Puichérie ne peut dire, allons vite, sus, qui veut feindre avecmoi? gui veut m'épouser pour ne voint jouir des droits du mariage ?
IV.)