IHÎRACLIUS.
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MARTIAN.
Vous saurez mieux que moi surprendre sa tendresse.
HÉRACLICS.
Vous saurez mieux que moi la traiter de maîtresse *.
MARTIAN.
Vous aviez commencé tantôt d’y consentir.
PULCHERIE.
Ah! princes, votre cœur ne peut se démentir;
Et vous l’avez tous deux trop grand, trop magnanime,
Pour souffrir sans horreur l'ombre même d’un crime.
Je vous connoissois trop pour juger autrement,
Et de votre conseil, et de l’événement;
Et je n’y déférais que pour vous voir dédire.
Toute fourbe est honteuse aux cœurs nés pour l’empire.Princes, attendons tout, sans consentir à rien.
HÉIiACLIUS.
Admirez cependant quel malheur est le mien :
L’obscure vérité que de mon sang je signe,
Du grand nom qui me perd ne me peut rendre digne*;
On n'en croit pas ma mort; et je perds mon trépas,
Puisque mourant pour lui je ne le sauve pas.
MARTIAN.
Voyez d’autre côté quelle est ma destinée,
Madame : dans le cours d’une seule journée,
Je suis Héraclius, Léonce, et Martiun;
Je sors d’un empereur, d'un tribun, d'un tyran.
De tous trois ce désordre en un jour me fait naître,
Pour me faire mourir enfin sans me connoître.
PULCHERIE.
Cédez, cédez tous deux aux rigueurs de mon sort :
Il a fait contre vous un violent effort 1 2 3 .
Votre malheur est grand, mais, quoi qu’il en succède,
1 Cette contestation est-elle convenable à la tragédie! Traiter demaîtresse n’est ni français ni nobîe. {V.j
2 Ces vers ne sont pas moins obscurs : Vobscure vérité qu’il signe rtcpeut le rendre digne du nom qui le perd ! ("V.l
3 Un sort qui fait un effort ! Presque aucune expression n’est ni pureni naturelle. Enfin la délibération de ces trois personnages n’aboutit àrien ; ils n’agissent ni n’ont aucun dessein arrêté dans toute la pièce,
(V.)