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HÉRACLIUS.
ÀMINTAS.
C’est de quoi s'étonner :
Il ne vous trahissoit que pour vous couronner.
HÉRACLIUS.
N’a-t-il pas des mutins dissipe la furie?
AMINTAS.
Son ordre excitoit seul cette mutinerie 1 .
MARTIAN.
Il en a pris les chefs toutefois?
AMINTAS.
Admirez
Que ces prisonniers môme avec lui conjurésSous cette illusion couroient à leur vengeance 2 :
Tous contre ce barbare étant d’intelligence,
Suivis d’un gros d’amis nous passons librement,
Au travers du palais, à son appartement.
La garde y restoit foible, et sans aucun ombrage ;
Crispe môme à Phocas porte notre message :
Il vient; à ses genoux on met les prisonniers,
Qui tirent pour signal leurs poignards les premiers 3 .
1 Ce mot est trop familier ; révolte, sédition , tumulte , soulève-ment, etc., sont les termes usités dans le style tragique. (V.)
2 Admirez qu'ils couroient n’est pas français. Cet événement est eneffet bien étonnant; et jamais l’histoire n’a rien fourni de si impro-bable : on peut assassiner un roi au milieu de sa garde; on peut tuerCésar dans le sénat; mais il n’est guère possible que dans le tempsque Phocas fait attaquer les conjurés, il n’ait pris aucune mesure pourêtre le plus fort chez lui •. un homme qui de simple soldat est de\ enuempereur, n’est pas imbécile au point de recevoir dans sa maison plusde prisonniers qu’il n’a de soldats pour les garder ; on ne fait pointainsi venir des prisonniers dans son appartement avec des poignardssous leurs robes : on les fouille, on les désarme, on les charge de fers,on ne se livre point à eux. Ainsi la vraisemblance est partout violée.Remarquez que, dans la règle, il faut ces prisonniers mêmes; mais,s’il n’est pas permis à un poète de retrancher un s en cette occasion,il n’y aura aucune licence pardonnable Corneille retranche presquetoujours cet s, et fait un adverbe de même, au lieu de le décliner.
Sous cette illusion couroient à leur vengeance.
Cela n’est pas français ; on ne court point à la vengeance sous uneillusion. {V.)
3 Porte notre message, leurs poignards les premiers, tant de n-os