NICOMEDE.
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ATTALE.
Si cel homme est à vous, imposez-lui silence,
Madame, et retenez une telle insolence.
Pour voir jusqu'à quel point elle pourroit aller,
J’ai forcé ma colère à le laisser parler;
Mais je crains qu’elle échappe *, et que, s’il continue,
Je ne m’obstine plus à tant de retenue.
XICOMÉDE.
Seigneur, si j’ai raison, qu’importe à qui je sois?
Perduelle de son prix pour emprunter ma voix?Vous-même, amour à part, je vous en fais arbitre.
Ce grand nom de Romain est un précieux titre;
Et la reine et le roi l’ont assez achetéPour ne se plaire pas à le voir rejeté,
Puisqu’ils se sont privés, pour ce nom d’importance 1 2 ,
Des charmantes douceurs d’élever votre enfance.
Dès l’âge de quatre ans il vous ont éloigné 3 4 ;
Jugez si c’est pour voir ce titre dédaigné,
Pour vous voir renoncer, par l’hymen d’une reine,
A la part qu’ils avoient à la grandeur romaine.
D’un si rare trésor l’un et l’autre jaloux...
ATTALE.
Madame, encor un coup '% cet homme est-il à vous?
Et pour vous divertir est-il si nécessaire 5 &Que vous ne lui puissiez ordonner de se taire?
LAODICE.
Puisqu’il vous a déplu vous traitant de Romain,
Je veux bien vous traiter de fils de souverain.
En cette qualité vous devez reconnoître
1 Voyez les notes ci-dessus. Il faudrait, qu’elle n’échappe. (Y.
2 Une affaire est d’importance, un nom ne l’est pas. (V.)
3 Ce vers est très adroit: il paraît sans artifice; et il y a beaucoupd’art à donner ainsi une raison qui empêche évidemment qu’Attale nereconnaisse son frère. \ Y.)
4 Encore un couj) ; ce terme trop familier a été employé par Racinedans Bérénice :
Madame, encore un coup, qu ? en peut-il arriver?s Ce.sont des négligences qui étaient pardonnables. (V.!
& Le.mot divertir, et même les trois vers que dit Attale, sont abso-lument du style comique, l V.)