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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE II, SCÈNE III. S76

Vous savez qu’il y faut quelque cérémonieTandis que je ferai préparer son départ,

Vous irez dans mon camp l’attendre de ma part.

NICOMÈDE.

Elle est prête à partir sans plus grand équipage K

PRUSIAS.

le n’ai garde à son rang de faire un tel outrage.

Mais l’ambassadeur entre, il le faut écouler;

Puis nous verrons quel ordre on y doit apporter s .

SCÈNE III.

PRUSIAS, NICOMÈDE, FLAMINIUS, AliASPK.

FEAMIÎÏIÜS,

Sur le point de partir, Home, seigneur, me mandeQue je vous fasse encor pour elle une demande.

Elle a nourri vingt ans un prince votre JUs ;

Et vous pouvez juger des soins qu’elle en a prisPar les haines vertus et les illustres marques 4Qui font briller en lui le sang de vos monarques.

Surtout il est instruit en l’art de bien régner :

C’est à vous de le croire, et de le témoigner.

Si vous faites état de celte nourriture *•,

Donnez ordre qu'il règne : elle vous en conjure;

Et vous olfenseriez l’estime qu’elle en fait 6

1 Prusias veut aussi railler. Cette pièce est trop pleine de raillerieset d’ironies. (V.)

2 Ce dernier hémistiche est absolument du style de la comédie. ( V.i

3 Ce vers est trop familier: mais à quoi se rapporte cet ordre 1 ? àY ambassadeur, à l 'outrage, ou kVéquipageî (V.)

* Illustres marques : on a déjà plusieurs fois remarqué ce mot va-gue qui n’est que pour la rime. ("V.|

» Nourriture est ici pour éducation ; et, dans ce sens, il ne se ditplus : c’est peut-être une perte pour notre langue. Faire état est aussiaboli. (V.)

On ne fait point de l’estime ; cela n’a j amais été français : on a déTestime, on conçoit de l’estime, on sent de l’estime; et c’est précisémentparcequ’on la sent qu’on ne la fait pas. Par la même raison on sent de ::Panioür, de l’amitié; on ne fait ni de l’anfiour ni de Pamitié. {V.) —-O»’a dit longtemps, et on pourroit dire encore', du moins â ce qti’ih ndtis ;