ACTE If, SCÈNE Ilf. 57T
NICOMÈDE.
Seigneur, c’est à vous seul de faire Attale roi.
PRUSIAS.
C’est votre intérêt seul que sa demande touche.
NICOMÈDE.
Le vôtre toutefois m’ouvrira seul la bouche.
De quoi se mêle Rome, et d’où prend le sénat,
Vous vivant, vous régnant, ce droit sur votre État?
Vivez, régnez, seigneur, jusqu’à la sépulture.
Et laissez faire après, ou Rome, ou la nature.
PRUSIAS.
Pour de pareils amis il faut se faire effort.
NICOMÈDE.
Qui partage vos biens aspire à votre mort;
El de pareils amis, en bonne politique...
PRUSIAS.
Ah! no me brouillez point avec la république;
Portez plus de respect à de tels alliés.
NICOMÈDE.
.te ne puis voir sous eux les rois humiliés;
Et, quel que soit ce (ils que Rome vous renvoie,
Seigneur, je lui rendrais son présent avec joie.
S’il est si bien instruit en l’art de commander,
C’est un rare trésor qu’elle devrait garder,
Et conserver chez soi sa chère nourriture 1 ,
Ou pour le consulat, ou pour la dictature.
FLAMINIUS , à Prusias.
Soigneur, dans ce discours qui nous traite si mal,
Vous voyez un effet des leçons d’Annibal ;
Ce perfide ennemi de la grandeur romaineN’en a mis en son cœur que mépris et que haine*.
NICOMÈDE.
Non, mais il m’a surtout laissé ferme en ce point,
1 Cela n’est pas français ; et conserver ne se lie pas avec qu'elle de-vrait. Nicomède a déjà parlé de bonne nourriture : si vous faites étatde cette nourriture. (Y.) — Voltaire se trompe: c’est Flaminius, etnon pas Nicomède, qui a dit, au commencement de cette scène ;
Si vous faîtes état de cette nourriture.
2 Cela n’est pas français, n'en mettre que mépris. (V.)
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