5" 8 NICOMEDE.
D’estimer beaucoup Rome, et ne la craindre point.
On me croit son disciple, et je le tiens à gloire } ;
Et quand Flaminius attaque sa mémoire,
(1 doit savoir qu’un jour il me fera raisonD’avoir réduit mon maître au secours du poison,
Et n’oublier jamais qu’autrefois ce grand hommeCommença par son père 2 à triompher de Rome.
FLAMINIUS.
Ui ! c’est trop m'outrager!
NICOMEDE.
N’outragez plus les morts.
PRUSIAS.
Et vous, ne cherchez point à former de discords;
Parlez et nettement sur ce qu’il me propose.
NICOMÈDE.
Eh bien ! s’il est besoin de répondre autre chose,
Attale doit régner, Rome l’a résolu ;
Et puisqu’elle a partout un pouvoir absolu,
C’est aux rois d’obéir alors qu’elle commande.
Attale a le cœur grand, l’esprit grand, l’arne grande,
Et toutes les grandeurs dont se fait un grand roi 3 .
Mais c’est trop que d’en croire un Romain sur sa foi ;
Par quelque grand effet voyons s’il en est digne,
S’il a cette vertu, cette valeur insigne :
Donnez-lui votre armée, et voyons ces grands coups ;
Qu’il en fasse pour lui ce que j’ai fait pour vous 4 ;
î Cette manière de s’exprimer a vieilli. [V!} — Elle nous paroît rr,é-riter d’être conservée. |P.)
2 Voyez notre remarque sur le personnage de Flaminius, scène cin-quième du premier acte. Il n’est pas encore dans l’exactitude historique’que ce soit par un Flaminius qu’Annibal ait commencé à triom] her deRome. La journée de Trasimène avoit été précédée par les batailles dxtTésin et de la Trébie. (P.)
3 Ces deux vers sont du nombre de ceux que les comédiens avaientcorrigés: en effet, cette distinction du ccexir, de l’esprit et de î’ame,.cette énumération de parties faite ironiquement, est trop loin du ton dela tragédie; et cette répétition de grand et grande est comique,
* On ne sait pas d’abord ce que veut dire cet en ; il est très inutile,et il se rapporte à vertu , qui est deux vers plus haut. (V.) — Ne serapporte-t-il pas beaucoup- plus naturellement à donnez-lui vofre