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ACTE If, SCÈNE III.
Elle me iaisseroit la Bithynie entière,
Telle que de tous temps l’aîné la tient d'un père,
Et s’empresseroit moins à le faire régner,
Si vos armes sous moi n’avoient su rien gagner :
Mais pareequ’elle voit avec la BithyniePar trois sceptres conquis trop de puissance unie,
Il faut la diviser; et, dans ce beau projet,
Ce prince est trop bien né pour vivre mon sujet!
Puisqu’il peut la servir à me faire descendre!,
11 a plus de vertus que n’en eut Alexandre :lît je lui dois quitter, pour le mettre en mon rang 1 2 ,l.e bien de mes aïeux, ou le prix de mon sang.
(ïraces aux immortels, l’ellort de mon courageEt ma grandeur future ont mis Rome en ombrage :
Vous pouvez l’en guérir, seigneur, et promptement ;
Mais n'exigez d’un (ils aucun consentement :
Le maître qui prit soin d’instruire ma jeunesseNe m’a jamais appris à faire une bassesse.
FLAMINIUS.
A ce que je puis voir, vous avez combattu,
Prince, par intérêt, plutôt que par vertu.
Les plus rares exploits que vous ayez pu faireN’ont jeté qu’un dépôt sur la tête d’un père;
11 n’est que gardien de leur illustre prix,
Et ce n’est que pour vous que vous avez conquis,
Puisque cette grandeur à son trône attachéeSur nul autre que vous no peut être épanchée 3 .
Certes je vous eroyois un peu plus généreux ;
1 Ce vers est inintelligible : à quoi se rapporte ce la servir ? au der-nier substantif, à la puissance de Nicomède, que Rome veut diviser.Me faire descendre ; il faut dire d’où l’on descend ; et monté sur leJ'aîfe, il aspire à descendre. ( V.)
2 On ne dit point quitter à, ou dit quitter pour : je dois quitterpour lui , ou^'e lui dois céder , laisser , abandonner. (V.)
$ Jeter un dépôt sur une tête, être garde d'un prix , une grandeurépanchée ; toutes expressions impropres et incorrectes; de plus, cediscours de Flaminius semble un peu sophistique. I/exempIe de Sci-pion, qui ne prit point Cartilage pour lui, et qui ne le pouvait pas, neconclut rien du tout contre un prince qui n’est pas républicain, et quia des droits sur ses conquêtes, (V.)