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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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NICOMEDE.

r.si

PRUSIAS.

Contre elle dans ma cour que peut votre insolence?

NICOMÈDE.

Rien du tout, que garder ou rompre le silence.Une seconde fois, avisez, s’il vous plaît,

A traiter Laodice en reine comme elle est;

C’est moi qui vous en prie.

SCÈNE IV.

PRUSIAS, FLAMINIUS, ARASPE.

FI.AMINIUS.

Eli quoi! toujours obstacle?

PRUSIAS.

De la part d’un amant ce n’est pas grand miracle LCet orgueilleux esprit, enflé de ses succès,

Pense bien de son cœur nous empêcher l’accès 2 ;

Mais il faut que chacun suive sa destinée.

L’amour entre les rois ne fait pas l’hyménéc 3 ;

Et les raisons d’Élat, plus fortes que ses nœuds,

Trouvent bien les moyens d’en éteindre les feux 4 .

1 Toujours obstacle n’est pas français ; et grand miracle n’est pasnoble, il est du bas comique. (Y.)

2 On 11e dit point empêcher a ; cela n’est pas français. Il nous em-pêche l’accès de celle maison : nous est là au datif, c’est un solécisme :il faut dire: on nous défend l'accès de celle maison, on nous interditl’accès ; on nous défend, on nous empêche d'entrer. (V.)

3 Ce tour est impropre; il semble que les rois se marient l'un àl’autre. Ce n’est pas assez qu'on vous entende, il faut qu’on ne puissepas vous entendre autrement. { V.)

* Des raisons d'Élat plus fortes que des nœuds, qui t.o ivent lemoyen d'éteindre les feux de ces nœuds II faut renoncer à écrire quandon écrit de ce style. (V.) — Ce style sans doute est vicieux; maisVoltaire semble prendre plaisir à l’obscurcir encore. Certainement Cor-neille n’a pu ni voulu dire les feux de ces nœuds; il a voulu parler desfeux de l’amour, qui doivent en effet s%teindre lorsque l’amour lui-même est forcé de céder aux raisons d'iütat. Le mot amour n'est pasassez éloigné pour qu’on puisse se méprendre au sens de CorncilSe.

i.p.)