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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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acte nr, scène in. s&r

Mais le voici ce bras à Rome si fatal.

scène’III.

NICOMÈDE, LAODICE, FLAMINIUS.

NICOMEDE.

Ou Rome à ses agents donne un pouvoir bien large,

Ou vous êtes bien long à faire votre charge 1 .

FLAMINIUS.

Je sais quel est mon ordre ; et, si j’en sors ou non,

C’est à d’autres qu’à vous que j’en rendrai raison.

NICOMÈDE.

Allez-y donc, de grâce, et laissez à ma flammeLe bonheur à son tour d’entretenir madame 2 3 :

Yous avez dans ce cœur fait de si grands progrès,

Et vos discours pour elle ont de si grands attraits,

Que sans de grands efforts je n’y pourrai détruireCe que votre harangue y vouloit introduire.

FLAMINIUS.

Les malheurs où la plonge une indigne amitiéMe faisoieut lui donner un conseil par pitié 3.

NICOMÈDE.

Lui donner de la sorte un conseil charitable,

C’est être ambassadeur et tendre et pitoyable 4 .

1 Ces deux vers, que leur ridicule a rendus fameux, ont été aussi•corrigés par les comédiens. Ce n’est plus ici une ironie qui peut quel-quefois être ennoblie : c’est une plaisanterie basse, absolument indigne■de la tragédie et de la comédie. (V.)

2 ........ Laissez à ma flamme

Le bonheur à son tour d’entretenir madame,

est du comique le plus négligé. (V.)

3 Flaminius, qui se donne pouf un ambassadeur prudent, ne doitpas dire qu’un homme tel que Nicomède n’est pas digne de l’amitié deLaodice. 11 n'a certainement aucune espérance de brouiller ces deuxamants; par conséquent sa scène avec Laodice était inutile, et il nereste ici avec Nicomède que pour en recevoir des nasardes. Quel am-bassadeur ! (Y.)

! * Le mot pitoyable signifiait alors compatissant, aussi bien que