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ACTE IV, SCÈNE II.
Et, vivant sans remords, marche sans défiance.
ARSINOÉ.
Je m’en dédis, seigneur; il n’est point criminel.
S’il m’a voulu noircir d’un opprobre' éternel,
Il n’a fait qu’obéir à la haine ordinaireQu’imprime à ses pareils le nom de belle-mère.
De cette aversion son cœur préoccupéM’impute tous les traits dont il se sent frappé.
Que son maître Annibal, malgré la foi publique,S’abandonne aux fureurs d’une terreur panique >;Que ce vieillard confie et gloire et libertéPlutôt au désespoir qu’à l’hospitalité :
Ces terreurs, ces fureurs, sont de mon artifice.Quelque appas que lui-même il trouve en Laodice,C’est moi qui fais qu’ Attale a des yeux comme lui;C’est moi qui force Rome à lui servir d’appui;
De cette seule main part tout ce qui le blesse ;
Et, pour venger ce maître et sauver sa maîtresse,
S’il a tâché, seigneur, de m’éloigner de vous,
Tout est trop excusable en un amant jaloux.
Ce foible et vain effort ne touche point mon ame.
Je sais que tout mon crime est d’être votre femme;Que ce nom seul l’oblige à me persécuter :
Car enfin hors de là que peut-il m’imputer 2 ?
Ma voix, depuis dix ans qu’il commande une armée,A-t-elle refusé d’entier sa renommée?
Et lorsqu’il l’a fallu puissamment secourir,
Que la moindre longueur l’auroit laissé périr,
Quel autre a mieux pressé les secours nécessaires?-Qui Ta mieux dégagé de ses destins contraires?
A-t-il eu près de vous un plus soigneux agent
t Fureurs d'une terreur est un contre-sens : fureur est le contrairede la crainte. (V.) — Nous ne prétendons pas justifier les fureurs d’uneterreur panique : mais il n’est pas toujours vrai que la fureur soit in-compatible avec la crainte. Voltaire, dans le poème de Fonttnoi , prêteau Rhin de la fureur, quoique ce fleuve soit effrayé :
Ce dieu même en fureRr, effrayé du passage,
Cédant à nos aïeux son onde et son rivage, (Y.}
v Hors de là, c’est toujours le style de la comédie. (Y.)
H.
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