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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE V, SCÈNE II.

Que leur empire seul demeure indépendant.

Je les eonnois, madame, et j’ai vu cet ombrageDétruire Antiochus, et renverser Carthage *.

De peur de choir comme eux, je veux bien m’abaisser,Et cède à des raisons que je ne puis forcer s.

D’autant plus justement mon impuissance y cède,

Que je vois qu’en leurs mains on livre Nicomede.

Un si grand ennemi leur répond de ma foi;

C’est un lion tout prêt à déchaîner sur moi.

ABSINOÉ.

C'est de quoi je voulois vous faire confidence :

Mais vous me ravissez d’avoir cette prudence.

Ce temps pourra changer; cependant prenez soinD’assurer des jaloux dont vous avez besoin s .

SCÈNE II".

FLAMINIUS, ARSINOÉ, ATTALE.

ARSINOÉ.

Seigneur, c’est remporter une haute victoireQue de rendre un amant capable de me croire :

J’ai su le ramener aux termes du devoir,

Et sur lui la raison a repris son pouvoir.

FLAMINIUS.

Madame, voyez donc si vous serez capableDe rendre également ce peuple raisonnable.

Le mal croît; il est temps d’agir de votre part,

Ou, quand vous le voudrez, vous le voudrez trop tard.

* Vn ombrage qui a détruit Carthage ! \Y.\

2 Des raisons qu'on ne peut forcer, c’est un barbarisme. ( Y.)a Assurer des jaloux ne s’entend point. Quelque sens qu’on donneà cette phrase, elle est inintelligible. (V.)

A Cette scène parait jeter un peu de ridicule sur la reine. Flaminiusvient l’avertir, elle et son fils, qu’il n’est pas sage de parler de touteautre chose que d’une sédition qui est à craindre, et lui cite de vieuxexemples de l’histoire de Rome; au lieu de s’adresser au roi, il vientparler à sa femme : c’est traiter ce roi en vieillard de comédie quin’est pas le maître chez lui. (Y.)

H.

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