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NICOMEDE.
Ne vous figurez plus que ce soit le confondreQue de le laisser faire, et ne lui point répondreHome autrefois a vu de ces émotions,
Sans embrasser jamais vos résolutions.
Quand il falloit calmer toute une populace,l.e sénat n’épargnoit promesse ni menace,
Et rappeloit par là son escadron mutinEt du mont Quirinal et du mont Aventin,
Dont il l’auroit vu faire une horrible descente,S’il eût traité longtemps sa fureur d'impuissante,Et l’eût abandonnée à sa confusion,
Comme vous semble/, faire en cette occasion.
ABS1N0É.
Après ce grand exemple en vain on délibère;
Ce qu’a Lit le sénat montre ce qu'il faut faire;Et le roi... Mais il vient.
SCENE III.
PRUSIAS, AltSINOÉ, FLAMINIUS, ATTALE.
PRUSIAS.
Je ne puis plus douter,
Seigneur, d'où vient le mal que je vois éclater :
Ces mutins ont pour chefs les gens de Laodice 2 .
! Laisser faire le peuple, expression trop triviale. Ne point répondreau peuple, expression impropre. L'escadron mutin qu'on aurait aban-donné à sa confusion n'est pas meilleur. ( V,)
2 Mais que veut Laodicel sauver son amant? c’est le perdre : iln/est point libre ; il est en la puissance du roi. Laodice, en fesant ré-volter le peuple en sa faveur, le rend décidément criminel, et exposesa vie et la sienne, surtout dans une cour tyrannique dont elle a dit :Quiconque entre au palais porte sa tête au roi. On pardonnerait cetteaction violente et peu réfléchie à une amante emportée par sa passion,à une Hermione ; mais ce n’est pas ainsi que Corneille a peint Laodice.Les mutins n'entendent plus raison , dit La Bruyt rc, dénouement vul-gaire de tragédie. Ce dénouement n’était pas encore vulgaire du tempsde Corneille; il ne l’avait employé que dans lïéraclius. On ne con-seillerait pas d’employer ce moyen, qui serait trop grossier, s’il n’étaitrelevé par de grandes beautés. (Y.)