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ACTE V, SCÈNE ÏY.
FLAMINIUS.
J’en avois soupçonné déjà son artifice.
ATTALE.
Ainsi votre tendresse cl vos soins sont payés 1 2 !
FLAMINIUS.
Seigneur, il faut agir; et, si vous m’en croyez...
SCÈNE IVN
PRUSIAS, ARSINOE, FLAMINIUS , ATTALE, CLÉONE.
CLÉOXE.
Tout est perdu, madame, à moins d'un prompt remède :
Tout le peuple à grands cris demande Nicomède;
Il commence lui-même à se faire raison,
Et vient de déchirer Métrobate et Zenon.
ARSINOÉ.
11 n’est donc plus à craindre, il a pris ses victimes :
Sa fureur sur leur sang va consumer ses crimes ;
Elle s’applaudira de cet illustre effet,
Et croira Nicomède amplement satisfait.
FLAMINIUS.
Si ce désordre étoit sans chefs et sans conduite,
Je voudrois, comme vous, en craindre moins la suile;
Le peuple par leur mort pourrait s’être adouci;
M ais un dessein formé ne tombe pas ainsi 3 :
1 C’est ici une ironie d’Àttale ; iî a dessein de sauver Nicomède. ( Y.!
2 C’est une règle invariable que, quand on introduit des person-nages chargés d’un secret important, il faut que ce secret soit révélé :le public s’y attend ; on doit, dans tous les cas, lui tenir ce qu’on luia promis. Àrsinoé a été menacée de la délation de ces prisonniers;Arsinoé a fait accroire au roi que Nicomède les a subornés : cet éclair-cissement est la chose la plus importante, et il ne se fait point. C’estpeut-être mal dénouer cette intrigue que de faire massacrer ces deuxhommes par le peuple. (Y.)
3 Flaminius presse toujours d’agir ; cependant le roi, la reine, et leprince Attale, restent dans la plus grande tranquillité. Cette inactionest extraordinaire, surtout de la part de la reine, dont le caractèreest remuant : n’a-t-elle pas tort d’être tranquille, et de ne pas craindrequ’on la traite comme Métrobate et Zenon? Le peuple ne les a dé-