EXAMEN DE NICOMEDE. ii:;
secondes femmes, avoil tout pouvoir sur celui de son vieuxmari, il lui ramèiie uu de ses fils, que mon auleuriu’appreudavoir été nourri a Rome. Cela l'ait deux effets; car, d’uncôté, il obtient la perte d’Annibal par le moyen de cette mèreambitieuse; et, de l’autre, il oppose à jNicomède un rivalappuyé de toute la faveur des Romains, jaloux de sa gloireet de sa grandeur naissante.
Les assassins qui découvrirent à ce prince les sanglantsdesseins de son père m’ont donné jour à d’autres artifices »pour le faire tomber dans les embûches que sa belle-mèrelui avoil. préparées ; et pour la fin, je l’ai réduite en sorte quetous mes personnages y agissent avec générosité, et que lesmis rendant ce qu’ils doivent à la vertu, et les autres demeu-rant dans la fermeté de leur devoir, laissent un exemple assezillustre et une conclusion assez agréable.
La représentation n’en a point déplu, et ce ne sont pas lesmoindres vers qui soient partis de ma main. Mon principalbut a été de peindre la politique des Romains au dehors, clcomme ils agissoient impérieusement avec leurs alliés, leursmaximes pour les empêcher de s’accroître, et les soins qu’ilsprenoient de traverser leur grandeur quand elle commençoi!à leur devenir suspecte à force de s’augmenter et de se ren-dre considérable par de nouvelles conquêtes. C’est le carac-tère que j’ai donné à leur république en la personne de sonambassadeur Flaminius, à qui j’oppose un prince intrépide,qui voit sa perle assurée sans s’ébranler, et qui brave l’or-gueilleuse masse de leur puissance, lors même qu’il en estaccablé. Ce héros de ma façon sort un peu des règles de latragédie, en ce qu’il ne cherche point à faire pitié par l’excèsde ses infortunes : mais le succès a montré que la fermetédes grands cœurs, qui n’excite que de l’admiration dans l’amedu spectateur, est quelquefois aussi agréable que la compas-sion que notre art nous ordonne d’y produire par la repré-sentation de leurs malheurs. Il en fait naître toutefois quel-qu'une, mais elle ne va pas jusqu’à tirer des larmes. Soneffet se borne à mettre les auditeurs dans les intérêts de ceprince, et à leur faire former des souhaits pour ses prospé-rités.