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ACTE [, SCÈNE I.
Dont jusqu’à ce moment m'a trop flatté l’idée,
L’image tout affreuse, au point d’exécuter,
Ne trouve plus en moi de bras à lui prêter.
En vain l’ambition, qui presse mon courage,
D’un faux brillant d’honneur pare son noir ouvrage;
En vain, pour me soumettre à ses lâches efforts,
\Ion ame a secoué le joug de cent remords :
Cette ame, d’avec soi tout à coup divisée ’,
Keprend de ce remords la chaîne mal brisée;
Et de Sertorius le surprenant bonheurArrête une main prête à lui percer le cœur.
AUFIDE.
Quel honteux contre-temps de vertu délicate 5S’oppose au beau succès de l’espoir qui vous flatte?
Et depuis quand, seigneur, la soif du premier rangCraint-elle de répandre un peu de mauvais sang?
Avez-vous oublié celte grande maxime,
Que la guerre civile est le règne du crime;
Et qu’aux lieux où le crime a plein droit de régner,L’innocence timide est seule à dédaigner?
L’honneur et la vertu sont des noms ridicules 3 :
«u ces autres vers empruntés du même poète :
Captive, toujours triste, importune à moi-même.
Pouvez-vous souhaiter qn’Andromaque vous aime?bientôt on en reconnoîtra l’impossibilité. C’est ce que démontreroit uneloule d’autres exemples; et Voltaire lui-même pourroit en fournir ungrand nombre. D’après cela, conçoit-on qu’il puisse établir en principeque des vers, pour être bons, doivent avoir la précision de la prose laplus exacte 1 ! De quelle précision veut-il donc parler? en est-il quipuisse égaler celle d’un vers bien fait'î Voltaire a donc manifestementconfondu et les idées et lesgenres, en proposant pour modèle aux poètesla précision de la prose, tandis qu’au contraire ce seroit à celle de lapoésie que la prose devroit tacher quelquefois de s’élever. (P.)
1 Divisée d'avec soi est une faute contre la langue ; on est séparéde quelque chose, mais non pas divisé de quelque chose. Cette premièrescène est déjà intéressante. (V.j
2 Ce vers n’est pas français. Un contre-temps de vertu est impropre ;et comment un contre-temps peut il être honteux? Le beau succès, etle crime qui a plein droit de régner, révoltent le lecteur. (V.)
3 Cette maxime abominable est ici exprimée assez ridiculement.Nous avons déjà remarqué, dans la première scène de la Mort de