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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE 1, SCÈNE II. 461

El de se retrancher dans l’empire douteuxQue lui souffre à regret une province ou deux .

Qu’à sa fortune lasse il craint que je n’enlève,

Sitôt que le printemps aura fini la trêve.

C’est l’heureuse union de vos drapeaux aux miensQui fait ces beaux succès qu’à toute heure j’obtiens:

C’est à vous que je dois ce que j’ai de puissance :

Attendez tout aussi de ma reconnoissance.

Je reviens à Pompée, et pense devinerQuels motifs jusqu’ici peuvent nous l’amener.

Comme il trouve avec nous peu de gloire à prétendre.

Et qu’au lieu d’attaquer il a peine à défendreIl voudroit qu’un accord, avantageux ou non,

L’affranchît d’un emploi qui ternit ce grand nom ;

Et chatouillé d’ailleurs par l’espoir qui le flatte,

De faire avec plus d’heur la guerre à Mithridate,fl brûle d’être à Rome, afin d’en recevoirDu maître qu’il s’y donne et l’ordre et le pouvoir.

PERPENNA.

J'aurois cru qu’Aristie ici réfugiée,

Que, forcé par ce maître, il a répudiée,

Par un reste d’amour l’attirât en ces lieuxSous une autre couleur lui faire ses adieux s ;

Au roi tanné qui commande en Espagne,

Mon père, hélas! qui vous crie merci,

La quittera, si vous voulez, aussi. (Y.)

1 C’est un solécisme; il faut, il a 'peine a se défendre. Ce verben’est neutre que quand il signifie prohiber, empêcher ; je défends qu'on,prenne les ormes, je défends qu'on marche de ce côté, etc. (V.)

2 Cela n’est pas français ; c’est un barbarisme de phrase :*on vientfaire, on engage, on invite à faire, on attire quelqu’un dans une villepour y faire ses adieux ; mais attirer faire est un solécisme intolérable.De plus, toutes ces expressions et ces tours sont de la prose trop .né-gligée et trop embrouillée. J'aurais cru qu'Arislie l'attirât est unsolécisme; il faut l’ attirerait, à l'imparfait, parceque la chose est po-sitive : j’aurais cru que vous étiez amis, je ne savais pas que vousfussiez amis; je pensais que vous aviez été amis, j’espérais que vousseriez amis. (V.) — Voltaire, dans Nanine , s’est permis un solécismeà peu près pareil :

En s’épousant, ils crurent qu’ils s’aimèrent.

Il faut, qu'ils s'aimoient , ou qu'ils s’oimeroient. Ce solécisme n’ex-