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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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SERTORIUS.

Et je l’épouserai pourvu qu’en mémo jourLa reine se résolve à payer voire amour 1 :

Car, quoi que vous disiez, je dois craindre sa haine,

Et fuirois à ce prix cette illustre Romaine 2 .

La voici : laissez-moi ménager son esprit;

Et voyez cependant de quel air on m’écrit 3 .

SCÈNE III.

SERTORIUS, AR1ST1E.

AIUSTIE 4 .

Ne vous offensez pas si dans mon infortuneMa faiblesse me farce à vous être importune*;

Non pas pour mon hymen : les suites d’un tel choix.

Méritent qu’on y pense nu peu plus d’une fois;

Mais vous pouvez, seigneur, joindre à mes espérancesContre un péril nouveau nouvelles assurances 5 .

.rapprends qu’un infidèle, autrefois mon époux,

1 Voilà donc ce vieux Sertori s qui a deux maîtresses, et qui encède une à son lieutei ant. Il forme une partie carrée de- Perpenna avecViriate, et d’Aristie avec Sertorii s. Et on a reproché a Racine d’avoirtoujours traité l'amour ! mais qu’il l’a traité différemment ! \V.)

2 A. ce prix n’est pas juste ; la haine de Viriate n’est pas un prix :il veut dire, je fuirais celle illustre Romaine, si son hymen me privaitdes secours de Viriate. (V.)

3 Cela est trop comique. (V.)

* Ce premier co plot d’Aristie n‘a pas toute la netteté qui est abso-lument nécessaire au dialogue , l'un et Vautre qui oui sa raisond'Etat contre sa retraite, Pompée qui veut se ressaisir par la vio-lence d'un bien qu'il ne peut voir ailleurs sans déplaisir. Ces phrasesn’ont pas l’élegance et le naturel que les vers demandent. Mais le plusgrand défaut, <e me semble, c’est qu’Aristie ne lie point une intriguetragique; elle ne sait ce qu’elle veut ; eUe est délaissée par son mari ;elle est i idécise ; el'e n’est ni assez aminée par la vengeance, ni assezpuissante pour se venger, ni assez touchée, ni assez héroïque. (V.)

5 Ces phrases barbares, et le reste du discours d’Aiis ie, ne sont pasassurément tragiques; mais ce qui est contre l'esprit de la vraie tra-gédie, contre la décence aussi bien que contre la vérité de l’histoire,c’est une femme de Pompée qui s’en va en Aragon pour prier un vieuxsoldat révolté de l’épouser. { V.)