ACTE SECOND.
SCÈNE 1.
VIRIATE, THAMIRE.
VIIUATE. ,
Thamire, il faut parler, l’occasion nous presse :
Rome jusqu’en ces murs m’envoie une maîtresse;
Et l’exil d’Arislie, enveloppé d’ennuis,
Est prêt à l’emporter sur tout ce que je suis.
En vain de mes regards l’ingénieux langagePour découvrir mon cœur a tout mis en usage 1 ;
En vain par le mépris des vœux de tous nos roisJ’ai cru faire éclater l’orgueil d’un autre choix 2 * * :
Le seul pour qui je tâche à le rendre visibles,
Ou n’ose en rien connoître, ou demeure insensible.
Et laisse à ma pudeur des sentiments confus,
Que l’amour-propre obstine à douter du refus VËpargne-m’en la honte, et prends soin de lui dire,
A ce héros si cher... Tu le connois, Thamire;
Car d’où pourroit mon trône attendre un ferme appui?
Et pour qui mépriser tous nos rois, que pour lui 5 1
1 Un exil qui est prêt à l’emporter sur tout ce qu’est Viriate , ex-pressions un peu trop négligées et trop impropres. Une grande reine,une héroïne ne doit pas dire, ce me semble, qu’elle a employé Vingt-nieux langage de ses regards. (V.)
2 J’ai cru faire éclater l’orgueil d’un aulre choix
n’est pas une expression propre ; ce choix n’est pas orgueilleux. (V.)
a Est-ce son cœur? est-ce l’orgueil de son choix qu’elle tâche à rendreVisible? ;V.)
ï I' ne faut jamais parler de sa pudeur; mais il faut encore moinslaisser h sa pudeur des sentiments confus , que Vamour-propre obstineà douter du refus , parceque c'est un galimatias ridicule. (V.)
S Cet embarras, cette crainte de nommer celui qu’elle aime, pour-raient convenir à une jeune personne timide, et semblent peu faits pourune femme politique. Mais, et pour qui mépriser tous nos rois, que pourIl 5»