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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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m SERTORIUS.

Qu’après vous et Pompée il n’en est point pour moi.

Et que...

SERTORIUS.

Vous le verrez, et saurez sa pensée.

ARISTIE.

Adieu, seigneur : j’y suis la plus intéressée.

Et j’y vais préparer mon reste de pouvoir'.

SERTORIUS.

Moi, je vais donner l’ordre à le bien recevoir 2 .

Dieux, souffrez qu’à mon tour avec vous je m’explique *.Que c’est un sort cruel d’aimer par politique !

Et que ses intérêts sont d’étranges malheurs,

S’ils font donner la main quand le cœur est ailleurs

un grand homme à faire quelque chose ne se peut dire. Souvenez-vous qu’elle veut un grand homme est beau, mais un grand homme àrecevoir une foi ne forme point un sens ; vouloir à est encore plus vi-cieux* (V.)

t On ne prépare point un pouvoir. Elle veut dire qu'elle va se pré-parer à regagner Pompée, ce qui n’est pas bien flattent’ pour Sertorius-

( T -)

î C’est ainsi qu’on pourrait finir une scène de comédie. Rien n’estplus difficile que de terminer heureusement une scène de politique. (V.)

3 On ne doit, ce me semble, s’adresser aux dieux que dans le malheurou dans la passion : c’est là qu’on peut dire, nec deus intersit nisi di-gnus; mais qu’il s’explique avec les dieux comme avec quelqu’un àqui il parlerait d’affaire !... Le mot s’expliquer n’est pas le mot propre.Et que dit-il aux dieux! que c’est un sort cruel que d'aimer par poli-tique, et que les intérêts de ce sort cruel sont des malheurs étranges -s'ils font donner la main quand le cœur est ailleurs. C'est en effet lasituation où Sertorius et Aristie se trouvent : mais on ne plaint nulle-ment un vieux soldat dont le cœur est ailleurs. Il y a dans cet acte debeaux vers et de belles pensées ; mais tout est affaibli par le peu d’in-térêt qu’on prend à la prétendue passion du héros et aux offres que luifait Aristie, et surtout par le mauvais style. (V.)

FIN DU PREMIER ACTE.