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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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SERTORIUS.

SERTORIUS.

Madame...

VIRIATE.

Parlons net sur le choix d’un époux.Êtes-vous trop pour moi? suis-je trop peu pour vous?C’est m’offrir, et ce mot peut blesser les oreilles :

Mais un pareil amour sied bien à mes pareilles 1 :

Et je veux bien, seigneur, qu'on sache désormaisQue j'ai d’assez bons yeux pour voir ce que je fais.

Je le dis donc tout haut, afin que l'on m’entende 2 :

Je veux bien un Romain, mais je veux qu’il commande;Et ne trouverois pas nos rois à dédaigner,

N’étoit qu’ils savent mieux obéir que régner.

Mais, si de leur puissance ils vous laissent l’arbitreLeur foiblesse du moins en conserve le titre :

Ainsi ce noble orgueil qui vous préfère à tousEn préfère le moindre à tout autre qu’à vous 4 ;

Car enfin, pour remplir l’honneur de ma naissance 8 ,

Il me faudroit un roi de titre et de puissance 6 :

dans Britannicus, dans Mithridate, et par conséquent dans les bonnespièces de Racine. Voltaire lui-même l’a employé plus d’une fois dansZaïre. (P.)

* Un amour qui sied bien ou qui sied mal ne peut se dire : il semblequ’on parle d’un ajustement. On doit éviter lemotde mes pareilles, il estplus bourgeois que? noble. (Y.)

2 Viriate n’élève pas ici la voix; elle parle devant sa confidente, quiconnaît ses sentiments : ainsi ce vers n’est qu’un vers de comédie, quine devait pas avoir place dans une scène noble. (V.)

3 Etre arbitre des rois se dit très bien, pareequ’en effet des rois peu-vent choisir ou recevoir un arbitre. On est l'arbitre des lois, parcequesouvent les lois sont opposées l’une à l’autre, l’arbitre des États qui ontdes prétentions, mais non pas l’arbitre de la puissance ; encore moinsa-t-on le titre de sa puissance. (V.)

* Elle veut dire préfère le moindre des rois à tout autre Romain quevous. (V.)

3 On soutient l’honneur de sa naissance, on remplit les devoirs de sanaissance, mais on ne remplit point un honneur. Encore une fois, rienn’est si rare que le mot propre. ( V.)

® On dit bien un roi de nom; par exemple, Jacques II fut roi denom, et Guillaume resta roi en effet ; mais on ne dit point roi de titre :on dit encore moins roi de jouissance; cela n'est pas français. Toutesces expressions sont des barbarismes de phrase; mais le sens est fort