518
SERTORIUS.
Et si d’une offre en l’air votre ame encor frappéeVeut bien s’embarrasser du rebut de Pompée,
Il ne tiendra qu’à vous que dès demain tous deuxDe l’un et l’autre hymen nous n’assurions les nœuds;
Dût se rompre la trêve, et dût la jalousieJusqu’au dernier éclat pousser sa frénésie.
SERTORIUS.
Vous pourrez dès demain...
VIRIATE.
Dès ce même moment.
Ce n’est pas obéir qu’obéir lentement;
Et quand l’obéissance a de l'exactitudeElle voit que sa gloire est dans la promptitude,
SERTORIUS.
Mes prières pouvoient souffrir quelques refus.
viriate.
Je les prendrai toujours pour ordres absolus.
Qui peut ce qui lui plaît commande alors qu’il prie.D’ailleurs Perpenna m’aime avec idolâtrie :
Tant, d’amour, tant de rois d’où son sang est venu,
Le pouvoir souverain dont il est soutenu,
Valent bien tous ensemble un trône imaginaireQui ne peut subsister que par l’heur de vous plaire.
petits écoliers oseront me reprocher d'être trop sévère. ( V.) — Ces éco-liers dont Voltaire parle avec indignation, et qu’il eût affligés davan-tage en n’en parlant pas, ëtoient les écrivains à la semaine, qui, lorsquecet ouvrage parut, s’érigèrent tous en vengeurs de Corneille, moinspar zèle pour sa mémoire, que pour outrager Voltaire. Aucun d’euxn’eût été capable de faire une seule des excellentes remarques disper-sées dans ce commentaire ; mais ils relevèrent avec arrogance cellesoù Voltaire a pu se tromper, tandis qu’ils sc rocrioient d'admirationmême sur les défauts les plus évidents de Corneille. Si l’on en croyoitces critiques, Théodore ., Pertharite , Attilaxx\.em.e étoient des ouvragesoù le génie de ce grand homme se montroit encore tout entier, et trèssupérieurs aux meilleures tragédies de Vo’taire, qui ne les avoit dé-criés que par jalousie. Tel étoit le zèle de ces messieurs pour la gloired’un mort qu’ils auroient outragé pendant sa vie. Mais d’où venoitleur emportement contre Voltaire! Du sentiment de leur médiocrité,qui les avertissoit de son mépris. ( P.)
2 Une obéissance qui a de l’exactitude ! (V.)