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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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ACTE V, SCÈNE II.

On quelque Ferragus? C’est fort mal me connaître.

Quand je viens à songer, moi qui me suis si cher,

Qu’il ne faut que deux doigts d’un misérable ferDans le corps, pour vous mettre un humain dans la bière»

Je suis scandalisé d’une étrange manière.

« Mais tu seras armé de pied en cap. « Tant pis :

J’en serai moins léger à gagner le taillis (1) ;

Et, de plus, il n’est point d’armure si bien jointeOù ne puisse glisser une vilaine pointe.

« Oh ! tu seras ainsi tenu pour un poltron 1 »

Soit, pourvu que toujours je branle le menton.

A table comptez-moi, si vous voulez, pour quatre,

Mais comptez-moi pour rien s’il s’agit de se battre.

Enfin, si l’autre monde a des charmes pour vous,

Pour moi, je trouve l’air de celui-ci fort doux.

Je n’ai pas grande faim de mort ni de blessure,

Et vous ferez le sot tout seul, je vous assure.

SCÈNE II.

VALÈRE, MASCARILLE.

VALÈRE.

Je n’ai jamais trouvé de jour plus ennuyeuxLe soleil semble s’être oublié dans les cieux ;

Et jusqu’au lit qui doit recevoir sa lumière,

Je vois rester encore une telle carrière,

Que je crois que jamais il ne l’achèvera,

Et que de sa lenteur mon âme enragera.

MASCARILLE.

Et,cet empressement pour s’en aller dans l’ombrePêcher vite à tâtons quelque sinistre encombre...

Vous voyez que Lucile, entière en ses rebuts...

VALÈRE.

Ne me fais point ici de contes superflus.

Quand j’y devrais trouver cent embûches mortelles,

Je sens de son courroux des gênes trop cruelles ;

mure de fer. II semble que le mot soit ainsi dit, parce que ancienne-ment les hommes d'armes étaient armés de hauberts, qui étaient faits demailles de fer. Les combattants tâchaient de les démailler et ouvrir..( Nie.) — II ne se dit plus guère aujourd’hui qu’en parlant d’une disputebruyante.

(i) Prendre la fuite, gagner un bois pour échapper â un danger .tel est le sens de cette expression proverbiale.