PREFACE
la plupart des Lecteurs s’appercevoient dansce tems-là, ces Allusions, dis-je, nous échap-pent à présent, & leur propre finesse les rendimperceptibles. J’aurois encore un mot à di-re ; mais ce mot me coûte beaucoup, & jevoudrois bien le dire, en forte que les AnglaisSc les François n’en entendissent jamais parler.Ces deux Nations s aiment tant elles-mêmes,qu’il ne leur reste presque point d’estime pourles étrangers. Leur amour propre est quel-quefois li visible, qu elles en deviennent in-supportables à leurs Voisins. Chacune est en-têtée de son Goût & de ses Maniérés. Il s’enfaut pourtant beaucoup que ces Maniérés Scce Goût ne soient les mêmes. Cette oppo-sition forme entre elles une espèce de-Guerre,où Tune & l’autre se traitent souvent avec unmépris égal. II me paroit que cette Guerreest assez mal-fondée; mais je n’aipas assez decrédit dans le monde pour la terminer, &j'ai bien prévû que ce qui a dû charmer X An-gleterre , pourra n avoir que peu de charmespour la France.
Incertain de l’accueil que le Public fera ània Traduction, je ne donne ce Volume quecomme un Essai pour en pressentir le juge-ment ; prêt de ma part à continuer ou à dis-continuer les autres, selon la réception qu ytrouvera celui - ci. Je ne ferai pas valoir lapeine qu’il m en a coûté pour le mettre en é-
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