vivoienr, que l’on ne connoitroit à présent la (a)jiôtre , si l’on croyoit la divertir par l’éloge deces Infidelitez. Quoiqu’il en soit, la Bignall a joueson Rolle fort heureusement , & répandu sur sasimplicité rustique des grâces qui nous font espe-ver que nous trouverons en elle de quoi nousconsoler de la perte de la Vtrbruggen.
iVIes bons Amis , & mes Aísociez (b) les Réfor-mateurs des Moeurs, ont, à mon avis, porté troploin la sévérité de leur jugement contre le Théâ-tre , & contre les Personnes qui le fréquentent.Pour moi je reconnois qu’une bonne Pièce , re-présentée devant une Assemblée d’honnêtes-gens,ne peut que fournir de puissans motifs à se bienconduire, & qu’il n’y a guere de moïen plusprompt & plus efficace pour donner à la Jeunes-se quelque teinture de bon goût & de Politesse.Cette Réflexion me rappelle que je suis Historien.Je soutiendrois mal ce Caractère, si je ne rappor-tois pas fidèlement les choses! Je ne dois doncpas perdre cette occasion d’avertir une jeune Sei-neur qui étoit pris de boisson, lorsqu’il vint hier
au
(a) L’union de la Reine Anne avec le Prince Georgede Danneraarc a été fort exemplaire ; & cette Princesse atoujours tâché de répandre son exemple dans toute faCour.
(b) C’est une Société formée depuis assez Iongtems enAngleterre, Quelques-uns de fes Membres ont écrit contrele Théâtre avec toute la sévérité qui régné dans les Ou-vrages à Pérès & dans la Morale des Monastères. CetteSociété fe forma d’abord dans un bon destein pour faireexecuter les Loix contre le Vice. Mais elle n’a pas étésoutenue, parce qu on s’apperçut bientôt qu’il s’y fourroitdes scélérats , qui y entroient pour harceler d’honnêtes-gens & pour en escroquer de l’argent.