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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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NOUVELLISTE. Art VIII. §9

d’honneur, & que par ^influence que ceux-ci ontsur la Nation , ce même moïen repandroit par-tout les mêmes agrémens.

De mon Cabinet.

Je passai hier tout le jour dans une efpece dedissipation, qui est inévitable dans les grandes Vil-les , pour peu que l'on veuille s'y répandue. Lasenfin de mes courses, & de mille impertinencesqui avoient voltigé autour de moi pendant dixheures entieres , je ne fus pas plutôt rentré chezmoi que je me mis au lit. Je-conserve la cou-tume , que je m'étois faite à l'Univèrsité, de m’en-dormir un Livre à la main. Mon Valet, que j’aidressé à cela, me demanda lequel je voulois, Ho-race , Tibuììe , Ovide , ou quelque autre ? Donnez-moi Virgile , lui dis je, & lorsque vous verrez quele sommeil m'emportera , ne manquez pas d'étein-dre la Chandelle. Je lus avec un plaisir incroyabletout le sixième Livre de l 'Enéide, & j’en avois dé-jà relu la moitié , lorsque les idées charmantesdes Champs Elysées, 8c des Héros qui s’y promè-nent , l’agréable & douce langueur des vrais A-mans, & le fort déplorable des Esprits infortunésqui ont abusé de la lumière; j’avois, dis-je, faitla moitié de cette lecture pour la seconde sois,lorsque cette intéressante variété d'objets, chafíàutde mon Imagination tous ceux de la journée ,m’endormit insensiblement, & me plongea dansun Songe que mon reveil vient de terminer plu-^tôt que je n’aurois voulu.

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