Buch 
Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
Entstehung
Seite
164
JPEG-Download
 

N O U V E L LIS T E. Art. XII.

145

Sonit ici des beautés que l'on ne connoit pas.

Toast ejl enseveli sons l'horreur des frimas ;

Ce me font que déserts d'une vajîe étendue ;

Nulle variété n y soulage la vue ,

Et Passeuse blancheur , régnant de toutes parts ,

Nom éblouit les yeux, fy confond nos regards.

Les Fleurs dans les jardins , les herbes dans la plaine ,Ni des legers Zepbirs Vaimable fy douce haleine ,

Ni des tendres Oiseaux le chant mélodieuxW annoncent point encor le Printems dans ces lieux.

Les Vaisseaux dans la Mer demeurent immobiles jBorée y fait contre eux des efforts inutiles sPendant que mille Chars fur cette Mer portésT promènent fans crainte , fy Galans , fi Beautés.

Le gros Lèviathan renfermé fous les ondesSe trouve trop contraint dans ses grotes profondes.

Sur la glace, privé de gîte fy dialimens,

Le Loup s'en plaint au Ciel par d?affreux hurlement.

D'un côté, IOcéan, qui monte jusqu"aux nues,

Porte fur un miroir fis vagues suspendues,

Et d"un rocher solide entaffi par monceauxTonne confusément des Monts, fy des Coteaux.

Le l'autre, on ne voie plus ni Coteaux, ni Montagnes fLepuis long tenu la neige, en couvrant les campagnes ,A comblé les Vallons, fy fur le ContinentSemble avoir transporté le liquide Element. ,

Le dirai-je pourtant ? Cet objet effro'ìableNe laisse pas d'avoir quelque chose d"aimable,

Et, parmi tant d'horreurs, on voit, mais rarement,finfìci f íliver nous offre un spectacle charmant.

Lorsque, pendant la nuit, une pluie subtileP'un air sombre fy couvert sur la Terre dijìile ;

U