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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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H4

LE PHILOSOPHE

Le vent d’Est la saijìt fy de nitre abondantEn diverses façons la gèle en descendant.

, Que de beautés alors nous découvre f Aurore !

On dircit que les biens , qui , du rivage MaureJusqu’ici transportés , nous font fi cher vendus ,

Dans les champs fins mesure ont été répandus.

De perles , de rubis, la nature parée ,

Du Soleil, qui Je leve, est à peine éclairée ,

Que brillante par tout, elle semble avoir pris ,

Pour enchanter nos yeux , ses plus riches habits.

Les humbles Arbristeaux , qui croisent dans la plaine ,Les Joncs dans les Marais , le haut Pin, le dur Chêne ,Ont tous même éclat fy le même ornement.

Chaque goûte attachée y forme un Diamant ,

Et les Arbres entiers chargés de ces feuillagesDe Christeaux ciselés imitent les Ouvrages.

Mais fi de t'Aquilon le vent tempétueux ,•

Porte dans la Forêt son souffle impétueux ,

Il fait voler la glace en atomes de verre ,

Et d’un Cristal menu couvre toute la terre.

Ou bien fi les Climats du Soleil plus voisinsFont pajser jusqu"à nous des foujles plus bénins tVillufion bien-tot se dijfipe à la vûeDe tous ses ornement chaque Arbre se dénué ;

Le Diamant se fond, fy les Perles en eauNe nous laijsent plus rien d"un speSacle fi beauQuJune froide moiteur , qui tombant goûte à goûtePénétré jusqu’aux os le Pajfimt dans la route.

Tels on dit ces Palais , ces Châteaux enchantésQui font au Voiageur quelquefois présentés.

Imposture brillante ! Ouvrage de Féerie !

La riante avenue en ejl toutesternie.

Le