H4
LE PHILOSOPHE
Le vent d’Est la saijìt fy de nitre abondantEn diverses façons la gèle en descendant.
, Que de beautés alors nous découvre f Aurore !
On dircit que les biens , qui , du rivage MaureJusqu’ici transportés , nous font fi cher vendus ,
Dans les champs fins mesure ont été répandus.
De perles , de rubis, la nature parée ,
Du Soleil, qui Je leve, est à peine éclairée ,
Que brillante par tout, elle semble avoir pris ,
Pour enchanter nos yeux , ses plus riches habits.
Les humbles Arbristeaux , qui croisent dans la plaine ,Les Joncs dans les Marais , le haut Pin, le dur Chêne ,Ont tous même éclat fy le même ornement.
Chaque goûte attachée y forme un Diamant ,
Et les Arbres entiers chargés de ces feuillagesDe Christeaux ciselés imitent les Ouvrages.
Mais fi de t'Aquilon le vent tempétueux ,•
Porte dans la Forêt son souffle impétueux ,
Il fait voler la glace en atomes de verre ,
Et d’un Cristal menu couvre toute la terre.
Ou bien fi les Climats du Soleil plus voisinsFont pajser jusqu"à nous des foujles plus bénins tVillufion bien-tot se dijfipe à la vûeDe tous ses ornement chaque Arbre se dénué ;
Le Diamant se fond, fy les Perles en eauNe nous laijsent plus rien d"un speSacle fi beauQuJune froide moiteur , qui tombant goûte à goûtePénétré jusqu’aux os le Pajfimt dans la route.
Tels on dit ces Palais , ces Châteaux enchantésQui font au Voiageur quelquefois présentés.
Imposture brillante ! Ouvrage de Féerie !
La riante avenue en ejl toutesternie.
Le