NOUVELLISTE. Art. XXVIII. 275
illustre République à’Italie s’est conservée depuisplusieurs siécles, fans permettre à ses Sujets de ma-nier ce dangereux instrument, laissant ce foin àc«tte partie du Genre Humain qui fait métier &marchandise de fe faire couper bras & jambes.Mais pourquoi courir si loin pour les Exemplesque nous cherchons ? N’en trouvons - nous paschez nous? Voyez les beaux & sages Réglemensde la Milice, dans nos Villes les mieux policées.A limitation de ces braves Républicains d ’ltalie,nos Bourgeois ont des gens à leurs gages, qui por-tent les armes pour eux , & l’Avanturier qui secharge de cet emploi s’expose, pour trente souspar jour, a tous les dangers. 11 se transporte auxlieux de l’exercice , il approche la lumière d’unFusil a deux doigts de fa joue, il le décharge ,& crie ensuite , Vive le Roi, avec auííì peu d’émo-tion, qu’il en auroit à se défaire d’un bon Pou.let. N’est-ce pas une chose admirable que Battraitd’un si petit gain puisse inspirer tant de méprispour le péril ? Sur quoi fondé va-1-on donc femettre en tête qu’il y a beaucoup d’honneur àfaire des actions courageuses, puis qu’il s’en faittant tous les jours pour des motifs si bas? Quel’on ne dise point de mal de notre Milice de Lon-dres. (a) C’est peut-être le plus ancien Corps mili-taire qu’il y ait dans l’Univecs. Cependant je ne saîsi l’on pourroit me produire un Exemple , queles querelles íurvenues entre, ces Héros, fe soientternundes l’épde à la main. Dans toutes nos vieil-les Chroniques, je n’ai trouvé qu’une feule Avan-ture qui saillit à causer effusion de sang; encore
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(a) lis ne font sujets ni à la casse, ni à la reforme.