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LE PHILOSOPHE
le paísa-t-elle en présence de tous les Officiers Gé-néraux qui étoient presque tous suffi (a) Jugesde Paix. Le fait est curieux, & mérite d’ètre rap-porté. Mrs Crabtry & Maggot, l’un Chapelier ScPautre Fromager, faisant quelquefois négoce en-semble, étoient le premier Capitaine , & le secondMajor Général d’un Régiment de Milice. Crab-try avoit tiré sur le dernier pour quelque sommequi lui étoit due en balance de Compte. L’énon-cé de la Lettre de change portoit sur Maggot &Compagnie , qui sont les termes dont les Marchandsusent ordinairement quand il y a une Société deCommerce. Un jeune Homme , qui étoit por-teur du Billet , & qui ne savoit pas ces termesd u métier, crut bonnement qu’il s’agissoit de quel-que affaire du Régiment, & alla tout droit chezMr. Stkl^, qu’il avoit vû passer devant fa porte,en qualité de Lieutenant de Maggot. Ce Sticì^,auffi ignorant que le Garçon , accepta la Lettrepour l’honneur du Corps, Sc la paya. Le Major
Géné-
(a) Cette Histoire, de l’invention de l’Auteur, n’est miseici que pour tourner en ridicule les Milices Angloises, quicertainement le méritent bien. La plupart des Officierssubalternes ne sont que de petits Marchands ou Artisansqui prennent ces emplois, les uns par sole Ambition pourfaire de la dépense, âc les autres par avarice, pour plumerJe Bourgeois, Chaque Maison, ou à peu près, doit four-nir un simple Soldat avec les Armes & fa dépense. Si l’onne fournit que le Soldat, les Officiers vous comptent 30.fous par jour pour les accoûtremens. Si vous n envoyezpersonne, il vous en coûte un Ecu, O11 peut juger par-làdes jolis profits que ces Meilleurs peuvent faire. Heureu-sement on n’a pas souvent besoin de leurs secours , & lesParlemens n’ont jamais eu dessein de les rendre nécessaires.