NOUVELLISTE. Art. XXVIII. 275
Général requis d’en faire le remboursement nafit qu’en rire , & voilà grand bruit. Le Lieute-nant jetta feu Si flammes, & prit pour son SecondMr. Armjirong Officier (a) du Comptoir. Celui-ci porta le Cartel de défi écrit en Parchemin, oùl’on voyoit en Lettres grifonnées, Sticí^ contra Mag-got. A cette vue la discorde cessa ; le Major semit à la raison, paya, & ils furent auíïì bons A«mis que jamais.
C’est ainsi que le grand cœur de nos Bour-geois se soumet à l’autorité civile, (b) S’il enétoit autrement, que devïendroit notre Liberté?Si le bien & la Valeur pouvoient agir dans touteleur étendue ; Si les illustres Guerriers, dont nousvenons de parler, tiroient des Lettres de changecomme ils manient une Epée, ces dangereux Ca-pitaines, capables tout à la fois de payer une Ar-mée & de la commander , seroient trop puiflanspour l’Etat. C’est une efpece de bonheur poucnous, que chez eux l’honneur cède au profit, 8 cque le plus riche est toujours le plus brave. J’aivû dans la Ville un Capitaine que la baille desFonds publics éleva, en deux jours, au grade deColonel ; & un de mes Amis, qui n’étoit que Ma-jor , se vit bientôt à la tête de son Régiment ,parce qu’il eut le bonheur d’être chargé d’Eauxde vie quand elles encherirent. Par cette idée íî
S 2 juste
(a) Le'Comptoir est une des Prisons de la Ville, & ceMr. Armstrong Officier, est un Sergent, en bon François,digne Second d’un si digne Lieutenant !
(b) O11 a souvent propose' de mettre les Milices fur unmeilleur pie pour les rendre plus utiles ; mais l’amour dela Liberté publique s’est toujours opposé à ce dessein.