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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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LE PHILOSOPHE

juste de l’honneur, ces Corps Militaires se conser-vent toujours en bon ordre, fans perdre ni Dra-peaux, ni Bandolieres. Au lieu que dans les au-tres Troupes, où l’on juge des choses avec moinsde solidité, vous ne voyez que des façons de Spec-tres eíflanquez & n’ayant que la peau fur les os.Dans cette Armée on mesure les services d’un Hom-me à la grosseur de fa Pance, & le plus gras estcelui (a) qui a été le plus souvent à faction.

saisons une autre remarque importante sur laDiscipline de ces Troupes. II y a quelque justi-ce qu’on fasse voir aux Angïoìs ce qu’ils ont pourleur argent , & qu’on les rende, en quelque fa-çon , témoins oculaires des avantages qu’ils ache-tent si cher. C’est pour cela qu’on leur représen-te ici toutes les Batailles qui se donnent dans lesPays étrangers. II paroit y avoir un inconvénientdans l’execution de ces sanglantes journées. C’estqu’il faut nécessairement qu’il y ait d’un côté uneArmée battue, & de l’autre une Armée victorieu-se. Cette difficulté se leve par l’ordre qu’on aétabli, que la plus vieille Compagnie ait l’avanta-ge, & que la derniere prenne la fuite. J’ai eu leplaisir de voir une fois une de ces Actions où lePrince Eugène poussa Cathint de rue en rue jusqu’àce que l’on vint à un Amphithéâtre destiné auCombat des Ours & des Dogues. A ce lieu fa-tal tout se dissipa de crainte des Gladiateurs, desMâtins, des Taureaux, & des Bêtes sauvages quiauroient pû íe jetter fur des Troupes accoutumées

à

(a) Les jours d’exercice pour les Milices font presquetoujours des occasions de débauche pour les Officiers &pour les Soldats.