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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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NOUVELLISTE. Art. XXIX. 281

rigoureuse. Ne pourrions - nous point leur prou-ver notre amour fans nous haïr entre nous, Scpourquoi faut-il que l’on ne puisse aquerir leurcœur que par droit de survivance , comme s’ils’agissoit d’une Peníion ou d’un Emploi? On di-roit que les Belles font comme les Villes de guer-re que l’on ne peut prendre, li on ne les ferrede près, pour empêcher que d’autres en appro-chent. Si un Amanc de cette efpece exprimoitau naturel ce qui se passe dans son cœur , lors-qu’il en parle à fa Maîtresse, ses sentimens pourelle pourroient bien être appelles une Paillon ,mais à peine pourroít-on leur donner le nom d’A-mour. Que diroit-on d’un Billet doux dressé furce modèle ?

MADEMOISELLE,

Je prends tant de part à votre personne , fa à tout cequi vous touche , qlte 1e casserai la tête à quiconque au-ra Iaudace de vous trouver belle A de vous en faireP aveu. Les douces œillades que M.. .• vous jettoit t au-tre jour ni'ont fait prendre la résolution de lui pajferdemain matin mon, épée à travers le corps. O est ce quemérite fa faute d’etre sensible à vos charmes , fa je necannois point de raison qui ni’autorise plus à lui ôter lavie , à moins que ce ne fût le bonheur qu’il auroit devous plaire. Si quelqu’un ose dire qu’il meurt pourvous , comptez que je lui ferai dire vrai , fa qu’il nepérira que de ma main. Je fuis , fa c.

De mon Cabinet le 14. de Juin.

J’arrive enfin chez moi à dix heures du soir,

S f j. après