NOUVELLISTE. Art.XXXIII. zis
taillerie des autres. J’ai eu mille disputes là-des-sus avec mon Frère. Je lui ai toujours soutenu,que les foibleiîes des Femmes ne doivent être im-putées qu’à la malicieuse adresse qu’ont les Hom-mes de flatter le petit penchant que nous avonsà la Vanité & à la Coqueterie. II prétend au con-traire que les Hommes ne seroient pas si vicieux,s’ils ne s’appercevoient que les Femmes aiment àleur trouver quelque grain de libertinage. C’estce que je n’ai jamais pû lui ceder. Je crois pour-tant qu’il n’a pas tout le tort, & raisonnant àcette heure de sens froid, je conviens d’une cho-se que je lui ai toujours niée dans la chaleur denos Conversations.
Croyons-en nos yeux. N’est-il pas vrai que lesHommes les plus vicieux, & les plus débauchésse marient tous tôt ou tard ? Or voici commeje raisonne. Si ces Hommes étoient assurez quela débauché leur dût interdire pour jamais le com,merce des Femmes de mérite & d’honneur , iln’est presque pas possible, qu’ils renonçassent vo-lontairement à l’elperance de ce commerce. Si lesFemmes avoient de la prudence , elles ne rece-vroient point d’Amant qui ne fût muni d’un bonCertificat de fa derniere Maîtresse, où l’on spéci-fièrent les raisons pour lesquelles il a quitté sonservice. Au lieu de cela , tout ce qui se présenteest de bonne prise, & le cœur le plus volage estquelquefois celui que nous estimons le plus. N’est-ce pas une grande bizarrerie que r.ous ne vou-lions point prendre de Laquais qu’il naît un bonTémoignage des personnes qu’il a servies, & que,dans une affaire qui doit peut-être influer fur tout
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