NOUVELLISTE. Art. XXXIII. 317
coup de réputation par la Fortune rapide qu’eliea procuré à son Mari, & à toux"ceux qui lui ap-partiennent. Elle se plaçoit ordinairement près demoi dans l’Eglise ; mais elle ne me parla que penou point du tout pendant quelques mois. Enfiftlin jour, après nfavoir entretenue de son âge quilui avoit appris à connoitre le monde, Sc de Tex-trème amitié qu’elle avoit pour moi, elle me ditque certaines choses lui faisoient craindre que jan’allasse me rendre malheureuse par mon impru-dence, Sc former des desseins où je ne pourrois réus-sir. Voyez-vous, mon Enfant, ajouta-t elle, fapperçoistout ce que vous faites-, je ne remarque que trop qutce jeune Seigneur, qui s’afijled vis-à-vis, vous' occupe tou-te entiere. Vous ne regardez que lui à travers votre E-ventail, aux mometis même do la dévotion publique ,où vous devriez vous attacher à d?autres objets. A cesmots, je rougis, je palis, je voulus parler 8 c nepus rien dire. Voyant mon ^mbarras, elle con-tinua de la forte: Ne vous allumiez pas, ma chere ,de la confidence que je vous fais de ma découverte.Si je ne vous aimais pas, je ne vous en auroìs rien dit.Ce Seigneur ejl mon Parent j mais votre honneur nPeJlplus cher que tout celui qui me peut revenir de ce pareil -tage. A peine avoit-elle fini ces dernieres paroles,que ce Seigneur- vint nous joindre, & lui donnala main pour monter en Carrosse.
Quand je fus feule, je fis mille réflexions suecette avanture. J’admirois qu’une Femsiie, qui neme connoilloit presque point, fit la vertueuse flà CoiìErêtëiïlS, & vint ainsi me faire penser à unechose à laquelle il est vraisemblable que je n’au-rois jamais pensé sans eli*. Cependant, que ne
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