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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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LE PHILOSOPHE

ARTICLE VIL

Du Jeudi 14. au Samedi 16. Juillet1709.

De mon Cabinet , le 1 s. Juillet.

E N feuilletant quelques vieux Papiers de monGrand-Pere, j’y ai trouvé un Ouvrage dede fa façon. II y traite de la Corruptionqui se glisse quelquefois dans les Cours de Justice.II y dit bien des choses qui méritent une atten-tion ferieufe. J’y ai remarqué fur-tout une Di-gression qu’il fait fur une question très - délicate.On y demande, s’il n’est pas possible, en certai-nes rencontres, que l’on fasse tort à un Homme,qui fait pourtant, en fa Conscience, qu’il l’a mé-rité. Les Réflexions que l’on trouve ici là-dessusfont fort curieuses ; mais à dire le vrai, il y ré-gné tant de Jeux de Mots, & de Pointes, à lamode de ce tems-là, qu’il n’y a presque pas mo-yen d’y tenir. Cependant la Piece suivante , quiest aussi du Bon Homme m’a paru d’un'goût plussupportable. Ce font des Vers qu’il a mêlés dansfa Prose, & dont le sens est fort naturel. II ypeint deux Parties qui travaillent également à cor-rompre leur Juge. Lors que des deux côtés onfait la même faute, celui qui perd son procès est-il en droit de se plaindre ? II est dans l’ordreque celui qui donne le plus ait gain de cause.

Voilà