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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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LE PHILOSOPHE

„ On parle d’une région où les Vieillards font„ gai ans, polis, & civils ; les jeunes gens au con-„ traire durs , féroces , fans mœurs ni politesse :„ ils fe trouvent affranchis de la passion des fem-„ mes dans un âge où l’on commence ailleurs„ à la sentir : ils leur préfèrent des repas , des„ viandes , & des amours ridicules. Celui - là„ chez eux est sobre & modéré, qui ne s’enyvre„ que de vin : l’usage trop fréquent qu’ils en ont„ fait, le leur a rendu insipide. Ils cherchent„ à reveiller leur goût deja éteint, par des eaux„ de vie, & par toutes les Liqueurs les plus vio-„ lentes: il ne manque à leur débauché que de„ boire de Peau forte. Les femmes du pais pré-„ cipitent le déclin de leur beauté par des arti-„ fices qu’elles croyent servir à les rendre belles:„ leur coûtume est de peindre leurs levres, leurs„ joués, leurs sourcils, & leurs épaules, qu’elles„ étalent avec leur gorge , leurs bras & leurs o-„ reilles, comme si elles craignoient de cacher,, l’endroit par où elles pourroient plaire, ou de,, ne pas fe montrer assez. Ceux qui habitent,, cette contrée, ont une physionomie qui n’est„ pas nette, mais confuse, embarrassée dans une„ épaisseur de cheveux étrangers, qu’ils préfèrent

aux

la Reine commençant à changer d’esprit & de vie , toutela Nation, & fur tout plusieurs Grands conimencoieut hen changer avec elle. Ajoutez à cela que les vices que laBruycre reproche à fa Patrie n’ont que trop gagné en An-gleterre. Ainsi l’Ecrivain Anglois difoit à fa Nation parla plume d un Etranger , ce qu’il n’ofoit lui dire de luimcmc, {'imitation de ces Prédicateurs qui lisent les Ser-mons d autrui parce qu’ils n’ont pas le courage d’en faire.